LODIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS
3 août 4830. — Le conseil municipal étant rassemblé, M. de Saint- Hillier, lieutenant-colonel, ancien officier des gardes du corps du Roi, dit :
f Le drapeau tricolore flotte sur cet hôtel ; chacun de vous sait quelle est € notre position , quel est le pressant devoir qu'elle nous impose. L'autorité c de Charles X étant méconnue dans cette ville, nous n'avons plus les c pouvoirs nécessaires pour maintenir le bon ordre et la tranquillité, c Nous vous déclarons que moi et mes deux collègues sommes décidés à t nous retirer. Nous vous invitons, vu la gravité des circonstances, et en c l'absence de toute autorité compétente, à nommer, séance tenante, une € commission provisoire pour nous remplacer : nous vous prions, en f même temps, de rester à votre poste jusqu'à l'heure où des modifications € pourront être apportées à la composition du conseil municipal. »
25 août 4830. — Nomination d'une Commission, qui se compose de M. Letellier, président, Lespine etFourmy. Proposition d'une adressQ au roi Louis-Philippe :
« Sire, < La ville de La Flèche , comblée depuis plus de deux siècles des bienfaits du bon Henri et heureuse de conserver encore le cœur de ce grand € roi, s'empresse de vous offrir l'hommage de son respect, de son dévouet ment et de sa fidélité ; permettez qu'elle y joigne la vive expression de sa € reconnaissance. Avec la France entière, elle n'oubliera jamais ce noble t sacrifice du calme de la vie privée aux grands intérêts de la patrie ; pleine € d'admiration pour tant de dévouement au salut de l'Etat, elle vous prie « de recevoir les vœux qu'elle fonne pour que cette couronne que vous « venez d'accepter aux acclamations des Français, soit pour vos descen- € dants le gage d'une perpétuelle prospérité; elle sera aussi pour nous et € nos enfants le gage assuré de la conservation du bonheur que tous les
« Français doivent à la Charte constitutionnelle garantie par vos serments « et désormais une vérité.
« Sire, < Nous avons compris les nobles paroles que vous venez d'adresser à la
< Nation et nous saurons faire tout ce qu'elle nous commande pour la « défense du Trône, celle de nos libertés et le maintien de l'ordre
< public. »
28 août 4830. — M. le baron Bertrand-Geslin , maire, et M. Papigny, adjoint, pour la ville, et M. Richard, avocat , oiScier de la garde nationale, pour la commune, sont chargés de porter cette adresse au Roi.
34 décembre 4830. — Lettre aux députés du département pour indiquer l'inquiétude conçue par le conseil municipal. Prière de ne négliger aucune démarche pour que suite ne soit pas donnée à un projet très-préjudiciable aux intérêts les plus chers de la ville. Ces inquiétudes étaient relatives à l'existence de l'école militaire.
6,000 fr. votés pour l'habillement et l'équipement de la garde nationale, à prendre sur un impôt extraordinaire sur les diverses contributions.
« Il est une autre question , ajoute le maire , qui appelle aussi un examen « sérieux de votre part , c'est celle relative à l'instruction publique : — « Comerverons-nous les Frères des Ecoles chrétiennes? — Remphee" « rons-nous leur établissement par une école d'enseignement mutuel? — « Je sais que les opinions sont divisées à cet égard ; je n'ai pas l'intention
< de fixer le point où elles devraient se réunir ; mais en examinant avec « calme l'état actuel de l'instruction primaire dans notre ville, en considé- « rant surtout la difficulté de trouver un local convenable pour l'enseigne- « ment mutuel et la dépense que sa mise en état exigera, il semble que ce « que nous aurions de mieux à faire serait de renvoyer la question indécise
< à la session du mois de mai. »
47 février 4834, — Budget. — Chapitre V. — L'article 44, relatif à l'école des Frères, est le sujet d'une longue discussion; l'avis de la Commission et les observations qu'elle avait présentées sont successivement
combattues On dit pour y répondre que le système d'éducation donné
par les Frères étant entièrement contraire à Tordre de choses actuel , le conseil municipal ne saurait trop tôt faire pour le détruire tout ce qui est en son pouvoir ; — que les obstacles à cette suppression peuvent être facilement surmontés ; — que loin de craindre la concurrence avec l'école des Frères, si celle-ci était conservée par des secours particuliers, la direction de celle que l'on instituerait ne ferait qu'y gagner et que l'on est persuadé que la comparaison serait entièrement favorable à cette dernière ; — que la question du local peut être facilement résolue, d'autant plus que l'enseignement mutuel étant moins dispendieux laissera disponible une partie des fonds qui étaient alloués à l'enseignement primaire; — qu'en droit, le
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conseil municipal , tel qu'il est établi d'après la législation actuelle , représente la masse des habitants, et qu'étant appelé à se prononcer sur une allocation , il peut librement le faire d'après les motifs qui forment sa conviction. — Le rapporteur réplique et un membre de l'administration reproduit les raisons qui l'ayaient engagé à proposer l'ajournement de la question à la session prochaine de mai ; il démontre qu'il ne peut y avoir d'économie dans le remplacement proposé et il s'appuie, surtout pour le combattre, sar rinconvénient qu'il y aurait de s'emparer de l'ancien hospice , local destiné depuis longtemps à faire une caserne de gendarmerie et dont on sentirait vivement la privation, si les circonstances devenaient telles que l'on fût obligé d'avoir une garnison à La Flèche. Enfin , M. Abot demande qu'en principe l'institution des Frères ne soit admise au budget que jusqu'au \^ avril ou, au plus tard, au 1«' août, que le surplus de l'allocation sera affecté à une école primaire d'enseignement mutuel ; qu'il sera nommé nne commission pour aviser aux voies et moyens.
Mise aux voix de plusieurs questions :
h^ La somme de 2,400 fr. portée au budget continuera-t-ells à être affectée à renseignement prim^aire?
Oui.
2^ Cette allocation sera-t-elle continuée aux Frères pour tout le cours du budget?
Non.
Celte allocation sera maintenue jusqu'au mois d'août à l'école des Frères ; supprimée à cette époque et le surplus de l'allocation appliquée à une école d'enseignement mutuel. Nomination d'une Commission.
45 mai 4831. — Le président du conseil donne lecture d'une délibération du conseil de fabrique qui refuse de mettre les bâtiments occupés par les Frères des Ecoles chrétiennes à la disposition de l'administration municipale, qui les avait demandés pour y établir une école d'enseignement mutuel ; il donne en même temps lecture d'une pétition présentée par 423 habitants, en faveur de l'enseignement des Frères. Renvoi à la Commission.
Demande d'une garnison en raison des circonstances.
9 juin 4834. — Etablissement d'une école d'enseignement mutuel dans la rue de l'Abreuvoir, dans la salle du grenier à sel. La ville renonce à réclamer le mobilier des classes des Frères, n'y ayant qu'un droit contestable.
Etablissement d'un corps de garde dans la maison du sieur Patureau.
20 juillet 4834. — 600 fr. consacrés aux frais des fêtes de Juillet.
30 août 4834. — Projet de vente des terrains non employés de l'ancien hôpital.
L'école mutuelle a été, au début, placée dans l'une des salles de la mairie.
20 février 4832. — Commission de salubrité pour le choléra-morbus.
MM. Lespiae , docteur-médecin ; Lemercier, id. ; Pérou , officier de santé ; Didier-Perrinelle et Dubois, pharmaciens; les conseillers municipaux adjoints à cette commission sont MM. Desvignes, Barrier et GroUier.
U mai 4832. — Proposition de la construction d'un abattoir. Nomination d'une commission.
48 juillet 4832. — Fêtes de Juillet ; banquet.
4832-33. — Quartier neuf dans le Parc-aux-Dames.
4833-34. — Achèvement de l'Hôtel de Ville.
29 mai 4833. — Salle d* Asile. — M. le président fait remarquer qu'une société philanthropique et littéraire, autorisée par M. le ministre de l'intérieur, s'est formée à La Flèche, qu'elle a à peu près le môme but que celui qu'on se propose pour l'établissement des salles d'asile, puisque cette môme société apporte tous ses soins à placer chez des maîtresses d'école bien choisies tous les enfants pauvres depuis l'âge de 2 ans 4/2 jusqu'à 6, a&n de leur donner de bonnes habitudes et les préparer à entrer à l'âge de 6 ans dans les différentes écoles soit de filles soit de garçons. 460 souscripteurs coopèrent à cette bonne œuvre.
28 juillet 4833. — Offrande d'une épée d'honneur au lieutenant-colonel Pertuisot, commandant de la garde nationale.
26 novembre 4833. — Les polonais réfugiés sont logés à la caserne.'
27 février 4834. — La salle d'asile, où les enfants doivent être réunis, est installée à l'angle de la rue du Loir et de celle de l'Abreuvoir. Un membre du conseil municipal devra faire partie du conseil d'administration de la société fondatrice. En cas de dissolution , le mobilier appartiendra à la ville.
45 août 4834. — Projet de construction d'un pont au bout de l'impasse des Lavallois. M. Branchu-Couchot fait à la ville abandon de la vieille tour placée sur le cours d'eau et faisant partie des anciennes fortifications. (4)
22 août 4834. — Désir exprimé par la Société philanthropique de confier la direction de la salle d'asile aux sœurs de la Providence. Refus. M"« Carpentier (connue plus tard sous le nom de M"»« Pape), fille du gendarme tué en 4845 par les Royalistes, fut nommée directrice de la salle d'asile le 20 décembre.
8 juin 4835. — Etablissement de la Caisse d'épargne. — Achèvement du Quai.
4835. — Adjonction des communes de Sainte-Colombe, Saint-Germain et Verrou à celle de La Flèche pour l'instruction primaire.
Vente des bâtiments et terrains de Tancien Hôtel-Dieu sans emploi. U\
(1) Dans Timpasse des Larallois , une maison en formait le cul-de-sac. Elle a été habitée tn 1815 par M. Clérj, frère du courageux valet de chambre de Louis XVI. Il avait épousé une marchande de modes de La Flèche , après avoir rempli les fonctions de valet de chambre auprès du roi de Prusse. Il avait un fils au Prytanée et un autre olEcier d*artillerie. C'était un très-bel homme , fort estimé.