C. DE MOiVTZEY
Les aumôniers militaires sous le Convention.
Dans Texamen de la Revue mensuelle illustrée du Bas-Berry (Tome II, page 214), nous rencontrons ce très-carieux détail au chapitre du Tribunal criminel de Tlndre, relatif à l'un de ses arrêts : « Considérant que ceux des c ecclésiastiques appelés à des fonctions administratives sont exemptés de « la peine de la déportation aux termes de la loi des 21 et 23 avril 1793 € (vieux style), d*après laquelle les évoques , curés et vicaires élus par le « peuple et conservés dans leur place au moyen de la prestation du ser- « ment exigé par la loi, les professeurs, les ecclésiastiques appelés aux « fonctions administratives, les aumôniers des régiments et bataillons ac-
< tuellement aux armées et casernes , ne sont pas compris dans le présent « décret, et que, par conséquent, ledit Rome fils, étant maire de la commune « de Ponnay, est évidemment compris dans l'exception prononcée par la-
< dite loi, acquitte Rome et ordonne sa mise en liberté. » (31 janvier 1794.) Ce jugement, s'il n'y pas erreur, nous a révélé, à notre grand étonnement,
ce que nous n'avions rencontré nulle part que dans cette remarquable et très-savante Revue , à savoir qu'il existait des aumôniers militaires auprès des corps d'armées de la République en 4793 et 4794, c'est-à dire en pleine Terreu/r.
La Vendée de Palluau.
Palluau est une petite ville du Berry , dont on aperçoit le château bâti sur une éminence, quand on se rend de Châtillon à Buzançais. La partie la plus ancienne de ce château est une vieille tour sur laquelle
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Philippe-Auguste planta la bannière de France, lorsqu'en 1188 il eut emporté d'assaut Palluau que les Anglais occupaient alors.
' Nous avons dit sans aucun détail, dans Tun des chapitres de ce 3« volume, que des mouvements partiels du centre avaient été promptement comprimés. Combiné avec ceux de l'ouest, celui du Berry pouvait avoir une certaince importance , faisant partie, sans aucun doute , d'un vaste plan d'ensemble.
Si l'impatience de cette foule armée n'avait pas trahi avant l'heure les secrets desseins des chefs qui l'excitaient, qui peut dire les conséquences de ce soulèvement formidable dans lequel toutes les classes de la société se trouvaient mêlées? A la tète des paysans exaltés par la passion religieuse, nous voyons des prêtres, des nobles, des bourgeois, des officiers de mérite et môme des fonctionnaires publics, n'hésitant pas à déserter la cause républicaine.
Les femmes elles-mêmes, dans le département de l'Indre, ne restèrent pas étrangères aux agitations politiques; elles manifestèrent même, avec une grande violence, leur horreur pour la Révolution. Plusieurs d'entre elles jouèrent un rOle plus ou moins important dans l'insurrection royaliste de Palluau.
Le Picard de Phelippeaux , l'ancien émule de Bonaparte à l'Ecole Militaire et plus tard son adversaire comme défenseur de Saint-Jean d'Acre, était venu de la Vendée dans le Berry, y avait été arrêté et conduit à Paris sous la prévention d'avoir voulu soulever cette province où il avait des relations de famille. Probablement il avait laissé ses instructions â MM. de Chollet, de Sorbiers, du Prat (1) et autres.
Le 15 mars 1796 , une vive fermentation se manifesta à Palluau et dans les communes voisines. Au son du tocsin , un ou deux milliers d'hommes armés pour la pltipart de bâtons, de fourches et de faulx emmanchées à l'envers se soulevèrent, parcoururent le pays en culbutant plusieurs brigades de gendarmes dont ils prirent les chevaux, et se portèrent sur Buzançais par la route de Glion. Mais, arrêtés à une certaine distance de cette ville, ils ne purent soutenir la première charge des troupes régulières envoyées pour les combattre. Ils s'enfuirent en laissant sur le champ de bataille une centaine de morts , leurs armes et une grande quantité de sabots. Beaucoup se noyèrent en voulant repasser la rivière de l'Indre. Le reste se sauva dans les bois ou se tint caché dans des maisons isolées. M. de
(1) M. Du Prat, dit M. le comte de Maussabré, était ua officier d*artillerie plein de mérite, condisciple de Bonaparte à Brienne et à TEcole-Militaire de Paris. Il eombatiit contre ton ancien camarade à Saint-Jean d'Acre, et fut nommé, en 1814, chef de bataitton d'artillerie. Or, le Picard de Phelippeaux fut le défen3eur de Saint-^ean d*Acro (Coirea* pondance de TEmpcreurOt et l*ua des organisateurs du mouvement du Berry. M. da Prat j était bien mêlé, puisqu'il fut arrêté. Il y a donc peut-être confusion sur certains poiats.
Sorbiers, ancien capitaine des grenadiers royaux, fut pris, jugé militairement et fusillé à Buzançais. Un seul jour mit fin à cette insurrection, qui présentait le même caractère que celle bien autrement sérieuse qui troubla, jusqu'en 4799, le Maine, TAnjou, la Bretagne et la Normandie.
Esquisses pittoresques du département d? l'Indre : L.-A. de la Tremblais, — J. Veillât, — Vicomte de Maussabré, — Fauconneau-Dufresne. — Le BaS'Berry, revue mensuelle, 4876.