ARMOIRIES DE NAVARRE
Les commencements du royaume de Navarre datent de Tan 726. Le premier sourerain fut Garcia de Ximénës que Ton fait prince français et qui passa les Pyrénées pour combattre les Maures d'Afrique et les chasser de cette province d'Espagne qui joint la Biscaye et TAragon, nommée Subrarbe et depuis Navarre.
On dit qu'il eut une vision qui lui fit prendre pour marque distinctive au lieu du simple écu de gueules qu*il tenait de ses ancêtres l'écu d'or au chine de sinople au champ d'argent à la croix pommetée de gueules en chef. En Biscaye, on portait aussi un chêne de sinople au champ d'argent, non pas pour la même raison , mais parce que toutes les assemblées , soit pour les fêtes , soit pour les affaires publiques se tenaient près de Tarbre de Gamiga.
Depuis , ce pays de Subrarbe fut appelé Navarre, soit à cause de la rivière de Navia^ qui Tarrose, soit parce que la plus grande partie se compose d'une grande plaine ; ce que signifient ces deux mots Nava et Erria , comme en vieux français Alim^igne : de là, la Limagne d'Auvergne.
Tous les descendants de Garcia Ximénés portèrent le chêne et la croix. Inigo Ximénès, sixième roi de Navarre, fut surnommé Arista, parce qu'il avait pris pour distinction é3 épis de blé d'or, champés de gueules ; il y renonça, adoptant pour armes du royaume la seule croix pommetée, et changeant les émaux anciens, il porta d'azur à la croix pommetée d'argent. On dit que le motif de ce changement fut l'apparition d'un ange , qui tenait un étendard de soie bleue chargé d'une croix pommetée blanche , apparition qui lui donna le courage d'attaquer les Maures. Il mourut en 858.
Les comtes d'Albret, descendus de cette maison royale, retinrent l'écu seul de gueules simplement jusqu'à Charles d'Albret, comte de Dreux , seigneur de Silly et de Craon , connétable de France , qui , par octroi de Charles VI , porta , et les siens après lui , écartelé au premier et au quatrième, semé de France et aux deux et trois de gueules.
En 4212, Sanche-le-Fort, huitième du nom et 22™ roi de Navarre, por-
tait encore la croix pommelée à la bataille de Murada (autrement des Xaves de Tolosa), entre les monts Marianos (Sierra-Morena). Cette croisade se fil contre Aben-Mohamed suivi de 300,000 hommes et qui faisait garder son charriot, construit en forme de trône par 8,000 Maures à cheval entourés d'une palissade en bois garnie et assolidée par des chaînes de fer.
Le roi de Navarre, donnant l'exemple à tous les princes chrétiens qui assistaient à cette bataille, rompit, suivi par eux, cette palissade enchaînée, tua 20,000 maures et se rendit maître et du trône et des chaînes qui devaient servir de sauvegarde à leur prince. Pour conserver le souvenir de cet acte héroïque, Sanche s'en composa de nouvelles armes, qui sont on treillis composé de croix, sautoir et orle de deux pièces de chaînes d'oraux champ de gueules.
Ce furent les armoiries retenues depuis par les rois de Navarre et accolées à l'écu de France , d'azur à trois fleurs de lys d'or, de 4589 à 4830 par Henri IV et ses successeurs.
On ne doit pas mettre au rang des armoiries de ce pays celles que les descendants de Sanche II , cinquième roi , prirent avec le sobriquet Abarca, d'or à deux galoches adossées et échiquetées de sable et d'or mises en face. Le surnom d'Abarca vient de ce qu'on appelle ainsi des bottines de cuir avec galoches de bois et de cuir noir que Sanche aimait à porter.
Philippe III, dit le Bon, comte d'Evreux, époux de Jeanne, reine de Navarre , décédée en 4343, portait de France sans nombre au bâton cornponé d'argent et de gueules, brochant sur le tout écartelées avec celles de Navarre.
Les seigneurs de Foix devenus rois de Navarre écartelaient Foix et Béarn, Foix d'or à deux vaches de gueules, a^cornées , accollées et clarinées d'azur, coupées avec Navarre.
La Navarre fut usurpée par l'Espagne en 4543 , après l'interdit du pape Jules II sur Jeanne d'Albret, sœur de Phœbus, comte de Foix, prince de Béarn, et auquel elle succéda. Jeanne d'Albret ayant épousé Antoine de Bourbon , fut la mère d'Henri IV, qui unit fictivement et nominalement le royaume de Navarre à celui de France. .
En écartelant les armes des deux pays , ces princes païuissaient dire incessamment :
Ainsi dans Pampelonne Puissenl-ils quelque jour reprendre leur couronne l