‹ Histoire de la Floride françaiseChapitre 43 sur 72 · XXXII · texte numérisé non relu

XXXII

Mémoire des plainctes baillées a l'ambassadeur d'Espaigne.

Requiert aussi Sa Maiçsté que les dix et huict François retenus

(1) Manuscrit 10751, fol. S23, inédit.

(2) Manuscrit 10751, fol. 334, inédit.

DE FORQUEVAULX. kM

en Alicante sointmisen liberté, à la charge que, s'il y a aucuns Espaignols sur le navire desdicts François, qu'ils soint aussi renvoyez, estant bien vray semblable qu'estant iceux François en pais estrange, ils n'ont pas des premiers donné occasion à ce qui s'est ensuivi entre ceux de la ville d' Alicante et eux

Combien que le Roy s'asseure que le Roy Catholique , son bon frère, comme prince iuste, et équitable donnera ordre, suivant la prière et instance qu'il luy a si devant faict faire, que la justice et réparation soit faijcte de ses pauvi^es subiects meurdris à la Floride, néantmoins forcé des pitoyables plainctes des veufves, et enfans, qui viennent tous les iours devers luy en demander la raison, prie derechef Sa Maiesté Catholique que son bon plaisir soit en faire la démonstration, et réparation telle qu'il appartient, digne de la bonne paix, amitié, et alliance qu'ils ont ensemble.

Davantage requiert le Roy que Ion ait considération aux pauvres François de si longtemps retenus aux galleres, lesquelles par tant de fois on avoit promis faire relascher ; ce qui a esté remis de iour à autre qui est une pitié, et grande charge de conscience, de ceux qui ainsi les détiennent contre l'intention du Roy Catholique, à quoy il pourvoira s'il luy plaict

xxxiir (i).

FoRQUEVAULX AU RoY.

le croy quant àmoy qu'il (2) n'y satisfairai iamais, si négligent il est, et lent eii ce qui concerne tels négoces , principalement ie n'espère rien qui vaille du massacre de la Floride , car s'a esté luy tousiours qui l'a Qpnseillé et est certain. Sire, comme i'ay sceu par homme qui se trouva à l'exécution, que Pierre Melendez avoit promis à lehan Ribaut et à ses gens les vies sauves, et qu'ils ne rescevroint aucun mal , ains les feroit honnestement nourrir iusques à ce qu'il eust response de l'Espaigne de ce qu'il en devroit faire : les pauvres gents ne furent pas sitost desarmez que son lieutenant commença par ledict Ribaut , un peu escarté des autres, lequel aprez luy avoir dict qu'il se confessât il tua de sept à huict pogniallades dans le corps; tout le demeurant fut incontinent mis en pièces usques au nombre de huict cents septante trois

(1) Manuscrit 10151, fol. 363. Cf. du Prat, p. ^30.

(2) Le duc d'Albe.

&i2 LETTRES ET PAPIERS d'eSTAT

XXXIV (i).

FORQUEVAULX AD HoY.

Ie,r (2) ay supplié contenter Vostre Maiesté|touchantla Floride à

occasion duquel massacre toute la France est esmue d'une commune et iuste douleur, désireuse de vengeance si Vostre Maiesté le vouloit consentir, et que grand nombre de femmes et enfans son iournellement à yoz pieds et de la Royne vostre mère, requerans iustice de la mort de leurs pères et maris. Il m*a dict qu'il fairoit adviser à

vous rendre. Sire, le moins mal satisfaict qu'il pourroit

Ségovie, 18 août 1566.

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