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LES DEUX BRANCHES DU RITE ÉCOSSAIS

sion dont le Fascisme les a frappés dans la Péninsule, ont. voulu consacrer par la fondation d'un chapitre, leur fidélité à l'Institution.

Et, enfin, des frères Américains ont tenu à continuer en France leurs travaux maçonniques, selon les principes de discrétion et avec le respect des formes initiatiques que leurs loges-mères leur avaient inculqués. Ils avaient pu se convaincre, après avoir visité préalablement et loges bleues et ateliers des Hauts Grades, que le Rite Ecossais, en France, obéissait dans toutes ses pratiques, aux traditions les plus sacrées de l'Ordre. Et c'est avec la conscience de demeurer de fidèles serviteurs de ce Rite et de bons serviteurs de la Franc-Maçonnerie universelle qu'ils ont sollicité du Suprême Conseil des patentes constitutives pour leurs chapitres et leur aréopage. Ces ateliers supérieurs se sont si harmonieusement développés, grâce aussi au concours de quelques frères français particulièrement cultivés à qui la langue anglaise est familière, et la qualité de leurs travaux est telle que la grande Franc-Maçonnerie américaine peut s'enorgueillir à juste titre de la noble contribution qu'ils apportent à son prestige.

Ainsi le Suprême Conseil de France a trouvé le moyen de réaliser dans son propre fief un peu de cet Internationalisme qui est la vertu de l’Ecossisme. Cette vertu — cette force, selon le sens du mot latin Virtus — s'est affirmée d'une façon plus décisive encore au dernier Congrès des Suprêmes Conseils Confédérés qui s'est tenu à Paris récemment — exactement du 29 avril au 4 mai 1929 — sous la présidence du Souverain Grand Commandeur actuel du Suprême Conseil de France: le f.\ René Raymond (1). Nous n'avons pu, en raison de ce travail réservé surtout à l'histoire du Rite Ecossais en France, faire état des Congrès antérieurs organisés à Bruxelles en 1907, à Washington en 1912, à Lausanne en 1922. Ce qu'il importe de connaître, c'est que, continuant l'œuvre accomplie à Lausanne en 1875, ils avaient consacré, avec leur entente fraternelle, l'unité de vue et d'action de tous les Suprêmes Conseils. Les résolutions qui y furent prises assurent pour longtemps — nous dirions même pour toujours, si l'éternité n'était

. (1) Voir aux Pièces annexes la liste des Grands Commandeurs qui se sont succédé en France depuis la création du Suprême Conseil (1804), liste suivie de celles des Grands Maîtres de la Grande Loge de France.

LE RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ

pas um concept interdit à toutes les ambitions — la vitalité du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le Congrès de Paris a dépassé toutes les espérances, tant par ses importantes décisions que par le nombre des puissances représentées. Ici encore, ne pouvant étudier le développement de l'Ecossisme dans toutes ses manifestations, nous ne retiendrons parmi ces décisions que celle qui a trait à la création d'un Bulletin International — bulletin destiné à recueillir les communications particulières des Suprêmes Conseils relatives à leur existence, leurs suggestions pour les modifications ou innovations intéressant l'Ordre tout entier, en un mot à les (tenir au courant, sans attendre les réunions quinquennales, de Heurs activités respectives.

Quant aux obédiences qui participèrent à ses travaux, il importe que nous les citions toutes, pour faire mieux comprendre la place qu'occupe dans la maçonnerie mondiale le Rite dont nous venons de résumer l'histoire. Les voici, par rang d'ancienneté,

avec, entre parenthèses, la date de leur naissance:

Etats-Unis d’Amérique (Juri-

Mexique .

diction Sud) ......

Venezuela.

France.

Chili .

Espagne .. ...

Paraguay.

Etats-Unis d'Amérique

Suisse .

(Juridiction Nord). .

Canada .

Belgique.

Egypte.

Brésil ..

Turquie.

Pérou .

Equateur.

Colombie .

Yougo-Slavie.

Portugal .

Pavs-Bas.

Uruguay .

Pologne.

République Argenti¬

Tchéco-Slovaquie . .

ne .,..

Roumanie.

République de Cuba..

Autriche.

Cela fait un total de vingt-sept Suprêmes Conseils représentés, auxquels il convient peut-être d'ajouter ceux d'Ecosse (1846), de Grèce (1872) et de Panama (1913), qui s'excusèrent, pour des raisons diverses, de ne pouvoir venir à Paris affirmer leur entière

solidarité avec les obédiences participantes.

e chiffre grandira-t-il encore? Il faut non seulement l’espérer, mais le croire, parce que de diligentes initiatives ont déjà semé le bon grain écossais là où il n’avait pas encore germé. On a si bien reconnu l’utilité des Suprêmes Conseils ou du moins on s’est tellement adapté à cette hiérarchie maçonnique, que le temps des hostilités contre les Hauts Grades semble définitivement passé. Nous sommes loin des invectives ou des appréciations hostiles de Thory, de Chemin- Dupontés, de Besuchet, de Reghellini de Schio, de Bazot, de des Etangs, de Guerrier de Dumast, de Clavel, de Ragon, de Findel, de Simon Boubée, de Rebold, de Louis Ulbach et d’autres écrivains maçonniques moins connus (1). Elles avaient leur raison d’être en leur temps, parce que le souvenir était demeuré de rites aux multiples échelons dont trop de charlatans avaient encombré le xvm e siècle, et que, par ailleurs, les fantaisistes de Memphis et de Misraïm , avec leur kyrielle de grades, ridiculisaient l’Institution au regard des esprits sérieux.

L’Ecossisme est tellement entré dans les mœurs maçonniques que le Grand Orient de France lui-même, a, dans un convent récent, donné une sorte d’autonomie à son Grand Collège des Rites ou pouvoir administratif des degrés supérieurs, au lieu de le tenir comme auparavant sous la tutelle de son Conseil de l’Ordre — situation paradoxale qui faisait entériner les décisions de ce Grand Collège ou ses installations d’ateliers par un Conseil de l’Ordre dont les membres pouvaient n’avoir pas accepté pour eux-mêmes la hiérarchie des Hauts Grades.

La Grande Loge Unie d’Angleterre, elle-même, sans être attachée au Suprême Conseil d’Angleterre, n’en a pas moins, avec lui, les relations les plus cordiales. D’ailleurs, malgré son indéfectible fidélité aux grades symboliques, elle avait reconnu les

(1) Presque tous ces écrivains sont d’ailleurs revenus de leurs préventions et ont par la suite fait partie des Hauts Grades .

LE RITE ÉC0SSAI8 ANCIEN ET ACCEPTÉ

autres depuis longtemps, depuis le jour où elle avait inséré dans le Concordat du 27 décembre 1813 (qui unissait sous son autorité les deux puissances rivales des « Ancient et modem maçons »), cette clause de l'article II, si révélatrice du crédit dont jouissaient déjà les Hauts Grades:

« Il est déclaré et proclamé que la pure maçonnerie ancienne consiste en trois degrés et pas davantage, savoir, ceux de l’apprenti, du compagnon et du maître maçon (y compris l’Ordre suprême de la Sainte Royale-Arche). Toutefois , cel article n’a pas en vue de défendre à aucune loge ou chapitre de tenir des séances à l’un quelconque des degrés des Ordres de Chevalerie , conformément aux constitutions des dits Ordres. »

Aujourd’hui, presque toutes les Grandes Loges aspirent à voir leur pays posséder un Suprême Conseil susceptible d’accroître leur prestige et de développer leur influence.

L'Institution tout entière ne peut que gagner à cette expansion de la Franc-Maçonnerie écossaise. Bientôt l’Italie se réveillera d'entre les morts et la Russie, un jour — quel que soit son régime — s'éveillera parmi les vivants. Il n’y a pas dans ces propos excès de lyrisme. Les victoires passées ont préparé et annoncent les victoires futures. Leur faillite ne peut pas même être envisagée, pour la péremptoire raison qu'elles correspondent à l’élévation morale de l’Univers. Les peuples aspirent à une ère de concorde où toute guerre serait considérée comme une lutte fratricide. En attendant, non pas le Grand Soir embrasé d’incendie, mais ce Grand Jour baigné de lumière, les Elites, malgré les attaques injustes dont l’Ordre est toujours l’objet, se rendent compte de plus en plus de sa haute mission humaine. Et l’Ecossisme continuera d’être pour elles le havre de grâce où l’amour désarme la haine — le Royaume terrestre pour les Hommes de bonne volonté.

PIÈCES ANNEXES

Il convenait de réunir les pièces suivantes, non seulement pour aider à l’ éclaircissement de cet ouvrage, mais aussi et surtout pour que les frères, en quête d’un renseignement concernant le Rite Ecossais, aient la possibilité de le découvrir , sans être obligés de se livrer à des recherches longues et ennuyeuses.

Bien qu’elles ne soient pas toutes inédites, il en est qui sont devenues rares, et que l’on rencontre seulement dans des recueils déjà anciens ou daîis les archives des obédiences où elles sont difficilement accessibles.

Leur ensemble permettra au lecteur de suivre la marche ascendante du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France — car ces pièces, soigneusement choisies, marquent les étapes principales de son existence.

REQUETE DU GRAND ORIENT DEMANDANT COMME GRAND MAITRE UN PRINCE DE LA FAMILLE IMPERIALE

La pièce suivante, qui figure dans les archives de la famille Mas séna , et dont nous devons la communication au Prince d'Essling, duc de Rivoli , fixe un point d'histoire intéressant, en prouvant que c'est sur la sollicitation du Grand Orient que l'Empereur mit un de ses frères à la tête de cette obédience. Ce désir ne fut exaucé qu'une année plus tard.

Cette lettre du 1 er mars 1804 est adressée au « général » Masséna, ce dernier n'ayant été nommé maréchal que le 19 mai suivant. A remarquer que le nom du Prince à désigner a été laissé en blanc, le choix de ce prince ne pouvant dépendre que de la volonté de l'empereur.

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