CHAPITRE V. l
scellée et signée dans le jour, ou s'il y était changé quelques paroles , il fallait s'attendre à de nouvelles délibérations qui ne rendraient pas meilleure la condition des ministres.
Le lendemain * la déclaration signée et scellée fut portée au parquet par le sieur de Saintot, maître des cérémonies. Les magistrats se rendirent au Palais pour en entendre la lecture. Le peuple applaudissait à leur triomphe et les saluait à leur passage du titre de Restaurateurs des libertés publiques et de Pères de là patrie. La harangue de Pavocat-général Talon porte témoignage de Tivresse générale , et nous est restée comme un monument curieux de l'éloquence parlementaire de ce temps :
« Messieurs , dit-il , la déclaration dont » lecture va vous être faite change la dispo- » sition publique des affaires ; elle réjouit la » face delà terre, console les pauvres, et » donne de la satisfaction jusqu'aux en- )) fans. Heureux effet de ces grandes délibé- » rations tenues en ces lieux , et qui n'ont pas » vainement excité l'attente des peuples ! La
* 24 octobre,
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» puissance royale, toujours victorieuse, s'est » laissé toucher de la misère publique, que » la flatterie des courtisans tournait en rail- » lerie , et elle a ccdé aux instances de vos » députés.
» S'il est vrai , comme le disent les astro- » nomes , que la fortune royale et le bonheur » des souverains soient attachés au mouve- » ment des (ftoiles qui tiennent la plus haute »» région de Pair, le concours des astres infé- » rieurs et des planètes qui président aux )» fortunes particulières n'est pas moins né- ») cessaire au bien général de l'Etat. Aujour- » d'hui, grâces à ce concours tant désiré , )» toutes les bonnes influences vont se ré- » pandre sur nos têtes , et la puissance du » grand hnninaire , roi du ciel et de la terre , » étant soutenue et modérée par la vertu des » milices inférieures , sa chaleur sera rendue » favorable et bienfaisante a l'atmosphère a qu'habitent les peuples. »
L'enregistrement eut lieu tout d'une voix , et la justice reprit son cours accoutumé. M. de Chavigny fut remis en liberté, et M. deChà- (eauneuf revint de son exil. Tous les autres prisonniers d'Etat ou exilés rentrèrent pareil-