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CHAPITRE XL

Gitocde fit Mauugcfi. — La gade DitiGOAle a^ 31 maïi au 2 Jtiïnj iXi Q thermidor.— Ordr^ du Jour ot mùrt du gépér^ Henrlot.

Les Girondins ayaient tenté de sauver le toi par Vappcl aupenple et le sursis. Après sa mort, ils conlinaèreiit à lutter contre Je mouvement révolutionnaire ; iL^ur but était de Tenrayer, de dérober les ennemis de b République aux mesures violentes, d'assurer de^ avantages à la classe aisée, en repoussant Tenvahissement du peuple* Entre eux et Ja Montagne, ce fut, pendant plusieurs' mois une guerre acharnée , pleine d'injures et de récriminations mutuelles. Le samedi 13 avril, ils parvinrent à faire décréter d'accusation Marat , le plus virulent de leurs antagonistes. Deux jours après, les commissaires de trenle^inq sections les accusaient eux-mêmes à la barre de la Convention.

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a Les crimes de ces hommes sont connus. Dans les temps où ils feignaient de combattre la tyrannie » ils ne combattaient que pour eux ; ils nommaient , par 1 organe de Capet , des ministres souples et dociles à leurs volontés mercantiles. Ils trafiquaient avec le tyran par Boze et Thierri (l). Ils voulaient lui vendre, à prix d'argent et de places, les orateurs, la liberté et les droits ks plus chers du peuple. Ils se sont attachés à calomnier le peuple de Paris dans les départements. Ils ont voulu la guerre civile pour fédéraliser la République. Nous demandons que cette adresse, qui est Texposition formelle des sentiments unanimes , réfléchis et constants du département de Paris , soient communiquée à tous les départements , et qu'il y soit annexé la liste de la plupart des mandataires coupables du crime de félonie envers le peuple souverain , afin qu'ils se retirent de cette enceinte aussitôt que la majorité des départements aura manifesté son adhésion. Ce sont Brissot, Guadet, Yergnlaud, Gensonné, Grangeneuve,Buzot, Barbaroux, Salles, Biroteau,Pontécoulant, Pétion, Lanjuinais, Yalazé, Hardy, Lehardi, Louvet, Gorsas, Fauchet, Lanthenas, Lasôurce, Valadi, Chambon. »

Les pétitionnaires furent admis aux honneurs de la

(I) Avant le 10 août, Boze, peintre, avait remis à Tiiterri, valet-de-chambre du roi, une lettre par laquelle Vergniaud, Guadet et Geiisonné s'engageaient à prévenir toute insurrection si Louis XVI consentait à rappeler le iniuistère girondin.

séance, aux applaudissements des tribunes. Un nouvel échec attendait la Gironde. Marat, acquitté par le tribunal révolutionnaire, reparaît en trionnphe à la Convention, le front ceint d'une couronne de chêne, précédé par des sapeurs de la garde nationale, et suivi d'un immense rassemblement ; les arclamntions , les applaudissements, lestrcpigncmenls de l'auditoire, se prolongent pendant plusieurs minule:î ï les assistants a^iitent leurs chapeaux , ou jettent en Tair leurs bonnets roug;es» Cette ovation , accorUée au plus exajîéré des rcvolulionnajres, fait prcssenlii" la chute prochaine du parti modéré. Cependant , il reprend courage, et obtient la création d'une commission de douze membres , pour examiner les arrêtés de la tLommune, Le premier soin de cette commission est d'entourer la Convention d\ine force imposante. Par le décret du 23 mai, chaque citoyen de J\iris est tenu de se rendre nu lieu ordinaire du rassemblement de sa compagnie, Jl est eujoint aux capitaines de faire l'appel nominal , et de prendre note des absents. Le poste de la Convention est renforcé de deux hommes de chaque compatmic ; et tous les citoyens doivent se tenir prêts à ^e rendre aux postes que leur inLhqueront les chefs de section.

Assurés d'un appui, les Douze font arrêter Hébert, rédacteur du Père Diwhv^ie et piocuienr de la Commune. Celle-ci envoie a la barre une députatîon, pour demander a qu'on rende à ses fonctions un vuKjhirat estivioble par sev vertus civiques et ses lumures. Le

président Isnard répond par d'imprudentef paroles ; a Si jamais la Convention était avilie , Paris serait anéanti ; bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a existé, d De nouvelles ambassades des sections se succèdent et réclament la liberté d*Hébert et le renversement de la commission des Douze. Elle est maintenue par un vote de FAssemblée, à la majorité de 279 voix contre 288. Plusieurs patriotes ardents sont conduits à FAbbaye. Alors des commissaires, investis par trente-trois sections de jmtooirs illimités pour sauver la chose publique, se transportent à rhôtel de ville, reconstituent la municipalité, et déclarent la ville en insurrection.

Santerrcy ncMnmé maréchal de camp , le 19 mai, avait été remplacé par Servi^is-Audoin Boulanger, bijoutier de la rue Saint-Honoré (n^ 117), et commandant en second de la section de la Halle au Blé. On le juge insuffisant; la Commune , qui Ta nommé, lui substitue François Henriot , chef de la section des Sans-Culottes. Henriot fait sonner le tocsin, battre la générale, tirer le canon d*aiarme, et expédie des agents dans toutes les directions (l}. Chacun court à son poste, ou monte la garde devant sa maison ; .les

(I) {1^ ét^ept porteurs d'ordres ainsi conçus :

« U citoyen N... se transportera dans Paris partout où la tran*

quillité publique Texige^a, et est autorisé 4 requérir la foroe

année.

« Signé EiBNaiOT, commandant général

éê la gardé nationaU parisienne, >

Dfi LA (ÎARDfi NATIONALE. $63

compagnies se rallient au drapeau qui flotte à la porte de chaque capitaine (Ij. Il est recommandé aux sections, par le conseil communal, « de se tenir serrées, jusqu'à ce que le peuple ait brisé les nouveaux fers dont on veut le charger^ » Toutes se montrent hostiles k la faction des hommes d'état \ mais en même temps, les citoyens-soldals se disent : <t ïenoiis-îioùs lermes; ne bougeons pas; soyons pré*s; et que la première cartouche soit notre réponse au premier j.** f-.i qui parlera de dissoudre la Conveution, on d'en assassiner quelques membres* ou de piller les propriétés, aous prétexte d'arrêter les gens suspects (2). s Les sections de 1703, de la ButtcKles-Houlins, du Mail, de Molière et de La Fontaine, des Gardes françaises, semblent disposées à souLenir les représentants inculpés* 0>Jai'ï*'^te mille hommes du fauhourg Saint- Antoine marchent contre elles. Us trouvent les compRgnici; de la Boltc-dcs^Mouiins retranchées dans les cours du Palais-Égalité (ci-devant Royal), les fusils chargés, les canons en batterie, les mèches allumées (3). Les deux partis s'^observent, se préparent a une collision ; puis \h s'envoient réciproquemenl ries parlementaires, s'expliquent, et finissent par s"em* brasser mec dès a^in dv joïû ût des lannes d'attertdris-

(l) PrécU rapide de $ ét^én^i par A^ A.-J. Gorsas. (a) Jiéty. dû Paris, n. ÏOi>, p. 5ftù

tS) Qttcîqats twtionë ptmi^ r histoire^ par Lonvct, In Ilf, lu^lS, p, 9Î,

sentent (1). Le citoyen Bafîey, chef de la section de la Butte-des-Moulins, éprouve en fraternisant une si vive émotion, qu'un coup de sang le renverse, et quMl faut le saigner aux deux bras (2). Cependant les membres du Directoire du département, les officiers municipaux, les commissaires des sections , réitèrent à la barre leurs accusations. La Convention supprime la commission des Douze , décrète que les sections ont bien mérité de la patrie, et les félicite par une proclamatiop.

a Français , un grand mouvement s'e^t fait dans Paris ; les ennemis de la République vont se hâter de vous le peindre comme un grand malheur ; ils vont vous dire que des milliers d'hommes armés, sortis confusément de toutes les sections, se sont précipités autour de la Convention nationale, et lui ont dicté leurs volontés. Des mesures plus rigoureuses que celles qui conviennent à la Uberté dans une répubhque naissante avaient excité des mécontentements; on a cru les droits de l'homme violés , et les sections d'une ville qui s'est insurgée deux fois avec tant de gloire, se sont levées encore : mais avant même de se lever, elles ont mis toutes les personnes et les propriétés sous la sauvegarde de tous les bons républicains. Si le tocsin et le canon d'alarme ont retenti , du moins aucun trouble, aucune terreur n'ont été répandus. Toutes les

(1) Moniteur du 3 juin, n. 15A, p. 667.

(3) Rèv. de Pat^, n. 203, p. /k29.

sections, couvertes de leurs armes, ont marché, mais pour se déployer, dans le plus grand ordre et avec respect, autour des autorités constituées et des représentants du peuple. »

On pensait que les Girondins donneraient leur démissioa. k Soyez sûrs^ disait Bourdon de TOise au club des Jacobins, que tous ces coquins qui veulent établir une aristocratie bourgeoise^ cl se mettre à la place du clergé et de la noblesse, vont réfiéchir cette nuit* a Mais ils étaient déteriniiié^ à résister jusqu'au bout.

Les sections restent armées ; le canon et le tocsin résonnent de nouveau, dans la matinée du 2 juin. Une députalion des autorités révolutionnaires et constituées du département de Paris, présente à la Convention les dernier ts memr^s de sahU pfjblic. et Délégués du peuple^ les citoyens de Paris n'ont pas quitté les armes depuis quatre jours- I>epuis quatre jours, ils réclament auprès des mandalaires leurs droits indignemeut trahis i et , depuis quatre jours, ces mandataires lient de leur caln,e et de leur inactive impassibilité. Les contre-révolutionnaires lèvent leur tele insolente. Qu'ils tremblent ! la foudre gronde ; elle va les pulvériser. Nous venons , pour la dernière fois, vous les dénoncer. Décrétez à l'instant qu'ils lionl indignes de la coiiliancc publique ; meltez-ies en état provisoire d'arreslaiion ; nous en répondons tous sur nos têtes à leurs départements. Citoyens, le peuple est las d'ajourner sans cesse l'instant de son bonheur; il le laisse

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encore un momeHt dans vos mains ; sauvez-le , ou nous vous déclarons qu'il va se sauver lui-même. »

La gauche et les tribunes applaudirent avec fréné-^ sie ; la droite s'écrie que la représ^tation nationale n'est pas libre , qu'elle est environnée d'hommes armés, a Citoyens, dit Batrère, prouvons que nous son^ mes libres. Jedemande que la Convention aille délibérer au milieu de la force armée, qui, sans doute, la pro* tégera. »

Les représentants du peuple sortent, ayaàt à leur tête le président Hérault de Séchelles ; quatre-vingt mille hommes environnaient les Tuileries, avec cent soixantcrdouze pièces de canon* Aux sections armées s'étaient joints d.es volontaires prêts à partir pour la Vendée, et des détachements des gardes nationales de Courbevoie, de Saint-Germain*en-Laye, de Meudon et de Versailles (!)• Le mot d'ordi*e donné par le commandant généra était insurrection et vigueur. Eenriot était placé à la porte du Carrousel, avec uii détachement de cavaJerié et d'artillerie. Suivant quelques relations, il apostropha insolemment le président Hérault de Séchelles^ a La force armée, dit-il, ne se retirera que lors(^e la Convention aura livré au peuple les députés dénoncés par la Commune. Personne ne sortira : je ne connais que ma consigne. » Le prési^ d^t, ajoute-t-on, ordonna d'arrêter le commandant général, qui, menacé d'un coup de pistolet par le dé-

(1) Récit de Lanjulnais, Mém. de Bnzot, 1828, io-8, p. 325.

puté Lacroix, s'écria : a Aux armes ! canonniers, à vos pièces, » et des gardes nationaux couchèrent en joue des députés (i). Ces faits, appuyés par les témoignages suspects d'hommes attachés à la Gironde, sont, nous le croyons, npocryphes. Les citoyens-soldats, dans cette crise décisive, Tnanifestèrent ïa plus grande délerencepourlarcprcseTilatiou nationale. Un canonnier, ge trouvant pressé par un député qui luf avait mis le pistolet sous la ptlrge, lui dit : « Fais de moi ce (pie tu veux, jamais je ne te ferai de mal(3). » Plusieurs récits contredisent des accusations injurieuses pour le peuple de Paris. D'après le Mineure de France (3), « L'assemblée se lève, s'avance en armes. Les tribunes restent et quelques députés du côté gauche* Alors les sentinelles n'osent résister. Au moment on r Assemblée paraît sur la place de la Hé un ion (Carrousel), il se fait un mouvement rapide dans les troupes fpii rocenpaient ; mais elle continue sa marche, et traverse sans résistance les haies épaisses des hataillons. Apres avoir parcouru ainsi la place de la Béunion et le jardin national des Tuileries, l*Asscniblée revient an lieu de ses séances. * * ' '

«Les sentinelles, raconte Audoiiin, baissent leurs

armes devant la représentation nationale^ qui traverse

(1 ) Mém, de Mellhn, p. 5&, Sy^léatml awj crimes dès on^ cicn^ cffitiitéjit par Dulâurc^ un IJI^ iii-S, pn ëO. (ï) Bêv. de Pai^, 0. a06, p. 6i2, (3) N. 9a,p, 274,

les haifs formées par les soldats de la liberté. Ceuxci, contents de voir au milieu d'eux une assemblée sur laquelle ils fondent leur espérance, témoignent leur satisfaction ; tous cependant gardent une attitude ferme, républicaine! La liberté ou la mort, s'écrientils. -Vous n'avez rien à* craindre, nous sommes incapables d'un crime. Fondez la République, donneznous une constitution qui fasse notre bonheur, remplissez nos espérances et ^os devoirs, punissez les traîtres et les conspirateurs. Vive la Montagne !

« La Convention traversé le jardin national, rempli de citoyens armés de fusils, de piques et de canons. Partout même attitude, partout même langage et même fraternité (1). »

Ce qui contribue à confirmer l'exactitude de ces deux narrations, c'est qu'au retour, aucun murmure, aucune protestation ne s'élevèrent, quand Couthon prit la parole en ces termes : a Citoyens, tous les membres de la Convention doivent être maintenant rassurés sur leur liberté. Vous avez marché vers le peuple ; partout vous l'avez trouvé bon, généreux et incapable d'attenter à la sûreté de ses mandataires ; mais indigné contre les conspirateurs qui veulent l'asservir. Maintenant, je demande que la Convention décrète que les vingt-deux membres dénoncés soient

(i) Journal universel, par Audouin (de Seine-et-Oise), du mardi d Juin 1793, n.1289.

mis en arrestation chez eux, ainsi que les membres du comité des douze. »

Les proscrits, furent sacrifiés, et la Convention, débarrassée de ses entraves, put proportionner aux dangers publics sa formidable énergie. Dans le seul mois de juin; elle vota la constitution et quatre cent cinquante-trois décrets^ relatifs à Tamélioration du sort du peuple ou à la défense du territoire. Attaquée par Taristocratie dans la Vendée et la Bretagne, par le fédéralisme à Lyon, dans le Midi et en Normandie, en lutte avec TEurope entière et les factions extérieures, elle avait mis, au mois de juillet, quatorze armées sur pied. Ou plutôt il n'y avait plus ni armées ni garde nationale ; la France révolutionnaire s'élançait comme un seul homme sur les champs de bataille. La levée en masse fut décrétée le 23 août: « Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront des subsistances; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront les vieux linges en charpie ; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, la haine des rois et l'unité de la République.

a Les maisons nationales seront converties en casçrnçs, les places publiques en ateliers d'armes, le

iTO HISTÛIRlt

sol des caves sera lessivé pour en extraire le salpêtre.

a Les armes de calibre seront exclusivement confiées à ceux qui marcheront à l'ennemi ; le service de rintérieujr se fera avec les fusils de chasse et l'arme blanche.

ff Les chevaux de selle seront requis p6ur compléter les corps de cavalerie ; les chevaux de trait, autres que ceux employés à l'agriculture, conduiront l'artillerie et. les vivres.

a La levée sera générale ; les citoyens non mariés et veufs sans enfants, de dix-huit à vingt-cinq ans, marcheront les premiers. Le bataillon qui sera organisé dans chaque district sera réuni soùs une bannière portant cette inscription : Le peuple français debout contre les tyrans. »

Les ordres du jour d'Henriot et de son adjoint Ricordon (I), font connaître le rôle des hommes en état de porter les armes qui restaient encore dans la capitale.

Du 6 septembre 1793 :

c II partira aujourd'hui trois convois d'artiDerie ; l'un pour Arras , l'autre pour Metz, et le troisième pour Laon ; les réserves seront de deux cents hommes par section, et indemnisés, les patrouilles flréquentes, et toujours la même surveillance aux barrières.

« Henbiot. d

(1) Cet homme ne nous est connu quo par ce })assage du pro-

Du 8 septembre 1978 :

« Demain lundi , à. neuf heures du matin, le commandant général passera la revue au Champ de Mars. Les compagnies des canonniers, tant volontaires que casernes , en armes , mais sans canons ; les réserves de cent hommes bien complets, ainsi que la garde des barrières ; les patrouilles fréquentes.

« Henriot. »

Du 20 septembre 1793 :

a J'invite tous les bons citoyens à dissiper les attroupements aux portes des boulangers ; c'est une manie aristocratique dont il faut se méfier plus que jamais. Mes amis , du courage et de la persévérande : tous les tyrans seront détruits , la liberté et l'égalité existeront d'un pôle à l'autre.

« Henriot. »

Du 21 septembre 1793 ;

a Mes camarades, sommes-nous sur nosgatdes?

Des citoyennes , peinées de la paix- qui règne entre vous, veulent allumer le feu de la guerre civile. Trente-deux d'entre .elles ont déjà insulté la cocarde nationale. Prenez-y garde, citoyens et citoyennes respectables, il estfacile.de voir que c'est encore l'or du ministre anglais et compagnie qui a été répandu avec

cès-yerbal de la Commune du 31 mai : a Le conseil adjoint le c. Ricordon au c. Henriot, commandant général provisoire. »

profusion. Une citoyenne qui est attachée à son pays et qui a ses occupations journalières, ne commet jamais d'extravagance capable de troubler Fharmonie d'une République telle que la nôtre , où Ton veut anéantir le règne des intrigants qui Taffligent et voudraient se la partager. Veillons plus qu'à l'ordinaire ; veillons, arrêtons les agitateurs de tout sexe ; traduisons-les devant les autorités constituées qui doivent en connaître. Point de grâce aux méchants et aux perturbateurs , et faisons parler la loi devant ces êtres indignes de la société !

« Les réserves, toujours de cent hommes, et les patrouilles fréquentes, tant aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines, qu autour des établissements publics pour y maintenir la tranquillité et faire respecter les couleurs nationales , et à la porte des boulangers pour y dissiper les attroupements.

a II partira incessamment deux convois d'artillerie ; l'un pour Strasbourg, et l'autre pour Le Mans.

« Henbiot.

Du 26 septembre 1793 :

a Le commandant général prévient ses concitoyens qu'il vient de faire partir cinq cents citoyens, pour protéger et faire amener à Paris des subsistances, que les fermiers et les accapareurs retiennent dans les départements qui l'environnent. Il est de même parti, il y a trois semaines , deux cent cinquante hommes du côté de Corbeil etdeBrie-la-Ville. Les rassemblements

se font encore à la porte des boulangers, par des bruits qu'on répand, que demain il n'y aura pas de pain, et qu'on fera bien d'en prendre aujourd'hui. Cette inquiétude, jointe à ceux qui en prennent pour le perdre, fait un tort considérable. Il serait à souhaiter que tous les, citoyens se surveillassent les uns les autres pour empêcher cet abus. Oh emploie tous les ressorts de contre-révolution pour perdre Paris.

« Citoyens, vos ennemis sont les gros fermiers et les accapareurs de tout genre qui veulent perdre la chose publique ; mais votre prudence et votre sagesse les déconcerteront , et les autorités constituées , qui veillent sans cesse pour vous , sauront bien les punir et anéantir leurs desseins perfides.

a Les réserves décent hommes, le service intérieur et extérieur à l'ordinaire, et les patrouilles fréquentes, et surtout aux barrières.

« RiCORDON. »

28 vendémiaire an 11 (19 octobre 1793) :

a Le commandant général invite ses concitoyens à surveiller les malveillants, qui cherchent à nous affamer et à nous enlever nos denrées et marchandises de première nécessité. Un exemple tout récent nous en fournit malheureusement uneT[)reuve : il a été trouvé plusieurs pains de six et de quatre livres hachés par morceaux au coin d'une borne, rue Beaubourg, section de la Réunion , ainsi que de la viandre crue. Le comité de surveillance, toujours attentif, s'occupe de

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la reôhei^che de ces scélérats , qui veulent perdre la chose publique , et nous amener à une insurrection ; mais le peuple , bon et éclairé , sait connaître ses ennemis ; et si on le force encore une fois à reprendre les armes, il terrassera tous les petits tyrans. Ainsi, citoyens, c'est donc de votre surveillance que dépend notre salut. Toute la Républipue a les yeux fixés sur votre conduite.

Du 21 nivôse an II (10 jaqvier 1794) :

« Le commandant général invite ses frères d'armes à la plus grande union. Quelques factieux voudront vous faire partager une partie de leurs intrigues; mais, comme les Parisiens abhorrent to,ut ce qui tient à la dissolution de la société et à l'anarchie , leurs entreprises seront vaines ; et nous serons toujours les amis et les défenseurs des hommes estimables par leurs vertus. Nos mains ne seront pas teintes du sang des scélérats ; la loi seule aie droit d'appesantir son glaive sur leurs têtes. Dans quelques départements , on calomnie Paris ; on fait entendre à nos frères de la campagne que le pain qu'on y mange est très-blanc, et qu'on leur laisse le son. C'est encore une perfidie des agents des tyrans. Que nos firères des départements envoient des commissaires pour vérifier les faits. Paris n'a jamais parlé de ce qu'il a ihit ; sa conduite et sa résistance à l'oppression parlent en sa faveur ; on ne lui fera pas un crime de son respect pour les pro-

DB LA GARDE NATIONALE. iTS

priétés, de son amour pour la liberté et Fégalité , et surtout de son mépris pour les méchants. En dépit d'eux, la République sera toujours République une et indivisible, a Total général des prisonniers, 6,D30.

*( Henbiot. »

Du r' pluviiJseanU (20 janvier 1794) : -i

«.Tinvite mes frères d'armes k redoubler de surveillance. C'est en vain que des malveillants voudraient trouhkT U somté par des conseils pertîdes. Le peuple nest plus fadle à tromper; il voit trop clair. Le règne des intrigants pnssera avec les intrigues,

« HëN RIOT. n

Du 17 pluviôse an 11 (5 février 17 94) :

11 passera sous deux jours un convoi pour les armées de la Bepuhhque. J'invite les citoyens de ganle aux barrières, lorsqu'ils saisiront quelques comestibles, à les porter à T administrât ion des subsistance», i la mairie.

a La section de GuiLlanme-Tcll (ci-devant du Mail) a arrêté que ses patrouilles de nuit auraient deux lanternes sourdes, afin de vériUcr sur-le-cbamp les cartes des citovens. J'invite les autres sections à imiter eel exemple, bien bon pour découvrir aisément les fripons* Plus nous serons sévères dans nos principes et notre

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surveillance, mieux se trouvera la société. Le répu-^ blicain, jaloux de sa probité, fier de sa patrie, est l'esclave de tous les bons règlements, et Fennemi de tous les coquins.

et Mes amis, il s'est passé hier une rixe très-désagréable au port aux vins, quai de la Tournelle : la trop grande afifluence de citoyens a causé la perte d*un bateau de vin. Je vous avais dit que Thonnéte homme n'avait pas besoin d'armes pour assurer sa conduite ; mais la révolte d*hier, occasionnée sans doute par quelque ennemi de l'ordre général, m'oblige à pren* dre des mesures rigoureuses contre les perturbateurs'. En conséquence, la force armée est sur pied, et j'ai donné ordre d'arrêter tous ceux qui méconnaissent les règlements de la Commune. Les bons républicains sont invités à faire la police eux-mêmes Si nous nous armons quelquefois de fusils, ce n'est pas pour nous en servir contre nos pères, frères et amis, mais contre les ennemis du dehors. Un Français ne doit pas assassiner un Français. S'il est coupable, la loi seule doit prononcer sur son sort.

«Le service à l'ordinaire.

« Hbnriot. x>

Du 1" ventôse an II (19 février 1794) :

a 11 part aujourd'hui un convoi pour Metz et pour Saint-Omer. Les tambours, à la tête des détachements, ne battront pas le pas de charge ; cette mesure n'est bonne que dans les instants de danger. Les pa-

trouilles de nuit ne doivent pas discuter dans les rues avec les personnes qu'elles arrêtent, ni les colleter, ni les brusquer. Ce service doit se faire avec la fierté imposante d'un républicain. Les fonctionnaires publics seuls ne doivent pas être inquiétés dans leurs courses.

« J'invite mes frères d'armes, les braves grenadiers de la Convention nationale, ù se priver de leurs bonnets lorsqu'ils seront de quelques fêles civiques. Le peuple, qui n'aime ni les bonnets, ni les ganses de La Fayette, sera content, et fraternisera avec vous^ si vous faites ce petit sacrifice. Ce ne sont pas les bonnets, mais le cœur et le courage qui gagnent les batailles.

« Hetvbiot, « Commandant général,»

Du 2G ventâse an II {i 6 mars 1704) :

a Je suis très-content du service. Tant que nous nous entendrons comme cela, nous déjouerons les projet des cot>jurés. Veillez jusqu'à ce que vous ayez arrêté tous les ennemis de la chose publique. Le tribunal révolutionnaire fera .îustioe des traîtres. Les réserves seront de v i» g l. hommes par section, et feront de fréquentes patrouilles pour surveiller, tant l'intérieur de la >ille que l'exLtrieur, Je demande la continuation du plus grand silence, et la plus grande exactitude dans le service. Les chefs et adjudants-

SYS HISTOIRB

généraux de légion feront [dusieurs rondes dans leurs' arrondissements respectifs*

«Hbhbiot, # a Ciomtnandant-général^ »

Du 21 germinal an II (10 avril 1794) :

« Toutes les lettres anonymes adressées au général de Paris resteront au rebuk Les menaces, lesinjui^s, et tous les propos ordinaires des méchants, sont trop méprisables pour oiccuper une minute les fonctionnaires publics. Quelques insolents et faux patriotes se rassemblent dans les cafés, et s'y comportent d*une manière très-indécente. Tous les bons citoyens qui aiment la patrie doivent arrêter cette espèce de perturbateurs , et les conduire au comité de sûreté générale. Celui qui méprise le gouvernement actuel est un agent de la faction anglaise; mais qu'importe ? Veillons ; nous avoos pour nous et notre gouvernement les hommes probes et vertueux de tous les pays.

« Les réserves seront de d«ux cents hommes par légion^ et très- complètes.

« Hbkiiot, « Commandant g^éral. i»

t)u 7 floréal an II (26 avril 1794) :

a D'après la demande de l'administration entière des subsistances et approvisionnements, tous les bois arrivant à Paris» à destination, devront être déchargés

dans les chantiers où ils doivent être vendus et non ailleurs. Il est donc défendu d'en vendre sur les barques et sur les ports. Les commandants des postes et factionnaires veilleront à rexéculion de cette consigne.

ttHcMlTOT,

rï Commandant général, b Du 9 tïorcal an II (28 avril 1794) ;

ff Tous les commandants de Paris surveilleront les ci-devant nobles; nul dVux n'a le droit de porter aucune arme offensive ou défensive. Ceux que le gouvernement a mis en rë(|uisilion j ceux dont les mccurs «t Jes verlvïs civiques ont été reconnues, sont exceptés- Depuis peu, il se passe encore quelques intrigues. Je suis bien aise de prévenir mes frères d'armes que toutes Jes places sont k la nomination du gouvernement actuel, qui est révolutionnaire, qui a des intentions pures, qui ne veut que le bien de tous. Il va luimême jusque dans les greniers chercher les hommes veï'tueux, 11 dit aux pauvres et purs sans-culottes : Venez occuper cette place ; la patrie vou« y appelle. Sauvez-la, atmez-la, c'est votre mère comme la nôtre.

« Hri^uiot, u Commandant général, a

Du 17 floréal an 11 (6 mars 1794) :

«Mes frères, les ouvriers des ports n'ont pas donné Texcmplc des privations que nous autres, pauvres dé-

mocrates sans-culottes, avons contracté dèsle berceau ; ils exigent pour leurs journées un salaire trop fort; vivons honnêtement, vétons-nous décemment et proprement, soyons sobres; n'abandonnons pas nos vertus et notre probité , ce sont nos seules richesses ; elles sont impérissables ; fuyons Fusure ; ne prenons pas les vices du tyran que nous avons terrassé.

c J'invite mes frères d'armes de service à ménager rhuile et la chandelle. Je désirerais qu'on n'en brûlât plus qu'une dans chaque corps-de-garde, afin de pouvoir donner l'autre à nos frères des ateliers. Ménageons, mes amis, économisons, et mettons-nous à même, par cette sage mesure, d'éviter les moments de détresse que nous venons d'éprouver.

a Hbnbiot, a Commandant général. »

Du 21 floréal an II (lo mai 1794) :

a La troisième légion fera faire des patrouilles dans

les Champs-Elysées, pour y arrêter les rôdeurs sans

'asile, sans attache pour la patrie et sans mœurs; on

les conduira aux comités civils. Les réserves seront

toujours de deux cents hommes.

a Henbiot, «Commandant général. »

Du 3 prairial an II (2S mai 1794) : i

«Veillez toujours, républicains; les détenus des maisons d'arrêt projettent encore une évasion, à Teifet

de s'étendKi partout où leur rage les conduira, et de livrer au fer assassin des millions de démocrates. La patrie compte sur notre surveillance; rendons-nous dignes d'elle.

« Le service aura la même exactitude.

a Henbiot, « Commandant général, b

Du 21 prairial an II (9 juin 179 1) :

d Les patrouilles conduiront à leurs sections respectives les citoyens mendiants dans les rues, et les comités de secours leur donneront le nécessaire à leur subsistance; cette arrestation doit se faire avec beaucoup d'humanité et d'égards pour le malheureux qu'on doit respecter.

a La /été de l'Être-Suprême s'estpassée avec beaucoup de décence ; la simplicité, les mœurs et les vertus étaient en évidence. La représentation nationale, le ciel, la terre et toute la nature, rendaient leur hommage à l'Étre-Supréme. Il ne manque plus qu'une chose pour rendre nos fêtes dignes de nous; c'est qu'à l'avenir on puisse supprimer toute espèces d'armes. Il ne faut plus, pour régler l'ordre et la marche de nos événements religieux, qu'une flamme tricolore, l'égalité, la fraternité, l'amour de son pays et la profonde soumission à nos lois. Nous connaissons nos devoirs et nos droits, nous devons les faire tourner au profit de la grande famille.

« Hbnaiot. »

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rhonneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, Tempire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à Tinsolence, la grandeur d'âme à la vanité, Tamour de la gloire à Tamour de Targent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à Tintrigue, le génie au bel esprit, la vérité à Téclat; un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable. Que la France devienne le modèle des nations, Teffroi des oppresseurs, la consolation des opprimés, Tomement de Tunivers, et qu'en scellant notre ouvrage de notre sang, nous puissions voir au moins briller Taurore de la félicité universelle. Voila notre ambition, voilà notre but ! »

Pour y arriver, Robespierre essaya de mettre un terme à la terreur qui comprimait la France (i). ail faut, disait-il aux Jacobins, carrêter l'effusion du sang humain versé par le crime (2). » Son frère parlait dans le même sens et se justifiait d'être modéré, a Oui, je suis modéré, si Ton entend par ce mot un citoyen qui ne se contente pas de la proclamation des principes de la morale et de la justice, mais qui veut leur applica-

(1) n semblait de bonne foi résolu d'arrêter le torrent dévastateur. (Cavses secrètes de la révolution du thermidor^ par Vilate, an III, in-8, p. 23.)

Après avoir renversé les factions effrénées quMl avait eues à combattre,^son intention avait été le retour à l'ordre et à la modération. {Mémorial de Sainte-Hélène f 1823, t. I, p. 424.)

(2) Séance du 23 messidor (41 juillet 170a).

tion; si Ton entend un homme qui sauve F innocence opprimée aux dépens de sa réputation. J'étais encore modéré, lorsque je disais que le gouvernement révolutionnaire devait être comme la foudre, qu'il devait écraser tous les conspirateurs, mais qu'il fallait prendre garde que cette institution terrible ne devint un instrument de contre-révolution pour la malveillance, qui voudrait en abuser, et qui en abuserait au point que tous les citoyens s'en croiraient menacés (1). »

Au mois de messidor (juin 1794),' Robespierre affecta de ne point prendre part aux actes du comité de salut public ; il ne signa point Tarrété qui créait quatre commissions populaires pour juger les détenus. Il méditait de terminer la guerre civile par la punition des députés et des administrateurs coupables (2). Il reprochait auxTaîlien, aux Fréron, aux Collot-d'Herbois, aux Billaud Varennes, leur athéisme, leurs vices, leurs intrigues, leurs concussions. Il les accusait (( d'avoir porté la terreur dans toutes les consciences, protégé les traîtres, déclaré la guerre aux citoyens paisibles, érigé en crimes ou des préjugés incurables, ou des choses indifférentes, pour trouver partout des coupables et rendre la révolution redoutable au peuple même (3).»

(1) Séance du 7 thermidor (25 Juillet I70a).

(2) Papiers de Jlobespierre, p. «80.

(3) Discours prononcé par Robespierre, le 8 thermidor, im« primé par ordre de la Convention, in 8; p. 0.

»8 HISTOIRB

Les députés menacés, dit Sénart (1), « espéiran^ obtenir Timpunité de leurs forfaits, cacher et faire disparaître dans le trouble les preuves qu'ils crai-* gnaient, devancèrent les instants ; ils crièrent le plus fbrt, semblables à des forçats qui brisaient leurs fers.»

Lorsque, dans la célèbre séance du 9 thermidor, Tallien eut porté les premiers coups au tyran, il ajouta : « Comme il est de la dernière Importance que les chefs de la force armée ne puissent faire de mal, je demande l'arrestation d'Henriot et de son étatmajor. » La Convention le remplace provisoirement par Deymard, commandant dé la cavalerie, et rend un décret pour supprimer tout gracie supérieur à celui de chef de légion. « La garde nationale reprendra sa première organisation; en conséquence, chaque chef de légion commandera à son tour. Le maire de Paris et celui qui sera en tour de commander la garde nationale veilleront à la sûreté de la représentation nationale. Ils répondront sur leur tête de tous les troubles qui pourraient survenir à Paris. » Ces mesures précèdent l'arrestation des deux Robespierre, de Saint-Just, de Couthon, de Lebas. L'aide-de*camp Egron avertit Henriot d^ ce qui se passe:

a Mon général, vu le rapport qui vient de m'être

(1) Mémoireê de Séoart, agent du gouvernement révolutionnaire, 1824, in-8,p. 152;

fa^it, je crois que vous feriez bien de mont^ à ebëval et de vous montrer dans Paris m Votre attaché aide-de-^amp^

La Gommuile, présidée par lé maire Fleurietr^-Leseot, fait délivrer la nuit Robespierre et les autres dé->^ pûtes prisonniers, crée un comité d'^xécutioà^ el cherche à rallier les citoyenfr-soidats pard^s procla-^ mations, a Frères et amis, écrit-elle aux habitants de Paris, la patrie est dans un danger imminent. Des scélérats oppriment la Convention; on poursuit le vertueux Robespierre, qui fit décréter les principes consolants de Texistence de Dieu et de l'immortalité de Tâme ; Couthon, dont l'âme est enflammée du feii dû patriotisme ; Saint-Just, Lebas, Robes|)ierre jeune, recommandables par leurs nobles travaux aux armées du Rhin et d'Italie. Qui sont leurs ennemis? Un Collot-d'Herbois, comédien convaincu sous Tancien régime d'avoir volé la caisse de sa troupe ; un Rourdon de l'Oise, calomniateur perpétuel des municipaux de Paris; un Rarrère, attaché tour à tour à toutes les factions; un Tallien, un Fréron. Peuple, lève-toi ! ne perds pas le fruit du 10 août et du 2 juin. Périssent tous les traîtres !»

Des courriers partent de l'hôtel de ville, et vont porter aux gardes nationaux de toutes les communes voisines une adresse ainsi conçue : a Robespierre et les patriotes les plus purs de la Convention ont été

2tt UISTOiRK

arrêtés par des conspirateurs, et remis aussitôt en liberté par le peuple souverain. Accourez à la Commune de Paris avec nos armes, pour sauver la chose publique! Le tocsin sonne pour donner Téveil aux amis de la patrie. »

Dix -sept sections répondent à Fappel des msurgés. Le commandant gént^ralHenriot, libre encore, malgré le décret de la Convention, expédie des ordres aux adjudants-généraux des six légions (1).

Du 9 thermidor an II (27 Juillet 1794) :

« Ètat-major général.

a Le conseil général de la Commune vient d*arrêter, citoyens, que le commandant-général de la force armée dirigera le peuple contre les conspirateurs qui oppriment les patriotes, et délivrera la Convention de l'oppression des contre-révolutionnaires. Tu apporteras tous tes soins pour mettre à exécution ledit

arrêté.

a Le général,

a Henbtot.

(1) Voici laliftle des sections qui prirent le parti de Rol>espierre; c'est un document précieux pour l'bistoire de l'esprit public à Paris:

Sections de l'Observatoire, du Fiiiislère, des Arcis, du faubourg du Nord, de Mutius-Scœvola (ci-devant du Luxcni* bourg), du Boiinet-Rouge (ci devant de la Croix-Rouge), de llontreuil, de Popincourt, de Marat (ci-devant de Marseille et

«Il y aura, en conséquence, une réserve de deux cents hommes, prête à marcher aux ordres des magistrats du peuple. »

Henriot monte à cheval, et parcourt les rues en criant :

a On assassine les patriotes I aux armes contre la Convention ! C'est aujourd'hui que doit être fait un second 31 mai, et que trois cents Héhertistes qui siègent à la Convention doivent être exterminés ! »

Il était ivre. Des gens qui Vont connu assurent qu'il était ordinairement fort sobre, et que ce jour-là, ayant vpulu boire un petit verre d'eau-de-vie pour s'exciter, cela avait suffi pour le mettre hors de lui (l). Cinq gendarmes l'arrêtent le pistolet au poing ; mais, remis promptemént en liberté, il marche contre la Convention, a Amis, dit-il aux canonniers rassemblés dans la cour des Tuileries, vous déshonorerez-vous aux yeux de votre patrie, de qui vous avez toujours bien mérité ? » Les canonniers sont d'abord indécis, et l'abandonnent en apprenant que la Convention vient de le mettre hors la loi. Youland, au nom des comités du salut public et de sûreté générale, fait observer qu'il faut un chef à la garde nationale; mais que, pour être sûr de ce chef, il faut que la Convention

du Théâtre-Français), de la rue Poissonuière, du Panthéon, de la Fraternité, des Amis de la Patrie, des Sans-Culotles, des Gar« des françaises, des Quinze-Vingts et des Graviliiers. (1) Histoire parlemeniairey par Bucliez, t. XXXIV, p. Ul.

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nationale le choisisse dans son sein. On désigne Barras, en lui adjoignant Fréron, Beaupré, Feraud, Bourdon 'de rOise, Rovère, Bollet, Delmas, Léonard^Bourdon, Auguis, Legendre,Hugaet et Goupilleaa deFontenay , a pour diriger la force armée sur tous tes points où la liberté publique pourrait être menacée.» Douze commissaires, envoyés dans les sections, y détruisent Tinfluence de la Commune, et détachent du parti de Robespierre la plupart de ses défenseurs. Le citoyen Es-* nard, chef delà première légion « commandant-général en vertu du premier décret promulgué, vient annoncer que tous les citoyens se rallient à la Convention. La maison commune est investie ; Bourdon de FOise dirige contre elle plusieurs colonnes des sections des Lombards, des Arcis et des Gravilliers. Les salles sont envahies, aux cris Vive la république I Vive la représentation nationale! Lebas se brûle la cervelle ; Robespierre se fracasse la mâchoire d'un coup de pistolet ; son frère se précipite de la corniche du premier étage sur le pavé de la place ; Saint- Just et Couthon se rendent ensilcnce. Quant à Henriot,Coffinhal, médecin auvergnat, vice-président du tribunal révolutionnaire, après lui avoir reproché d'avoir perdu la cause des patriotes par son incapacité, le saisit d'un bras vigou* reux, et le jette par une fenêtre. On trouva l'ex-commandant général, couvert de sang et de boue, dans une cour obscure et fangeuse, d'où il fut tiré pour être conduit à Téchafaud.

Avec Robespierre périrent aussi deux officiers de

rétat-major des Sections-Armées, Lavalette et Boulanger (I).

(1) On lit dans la Liste des guiUoHnéa, Paris, Marchand, an II, in-80 î

fl MO 5e^o. S.-T, La^aUtle^ âgé <3e quarante ans^ né à PariSj cx-tirjljit:, cX'gtSncral de brigade à l'armée du Kordp

i[ N^^ lltiiil . F. Henrï<ït> ag<^ de trciite^trois ans, nd à NaïUcrre, prts Pans, e% général co ch<^f de la force armée de Paris,

u >'^ 2t>ri:3. B. Audouln Boulan^f^r, âgé de Ueiitc-Uuit ans, né à Lié<gPt général de brigade de La 17^ division, d

CenL JuiiL individus fureitL mis liors la loi, et exécuié* S4ms jugement ctiniaio couipiicËH de Robespierre.

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