‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 141 sur 415 · VII. — CONSTRUCTIONS OUI BORDENT LA ROUTE · texte numérisé non relu

VII. — CONSTRUCTIONS OUI BORDENT LA ROUTE

Les autres constructions qu'elle a provoquées sont de celles qu'on rencontre sur les chemins de tous les pays, même des plus sauvages.

1. Itinéraire dit d'Antonin; cf. t. IV, p. 533. C'est un extrait, fort incohérent, d'un routier officiel contemporain d'Antonin Garacalla, extrait fait très tardivement, pour marquer (en ce qui concerne la Gaule) surtout les routes d'Italie en Bretagne et au Hhin, et de ces trois régions en Espagne; mais même en se plaçant à ce point de vue, il y a des lacunes incompréhensibles, comme d'Orléans à Poitiers, de Chalon à Besancon, de Clialon à Langres (cf. Desjardius, IV, pi. 8). C'est un des documents les plus médiocres que nous ait laissé l'Antiquité. — Do routiers semblables à celui (ju'a utilisé l'Itinéraire Antonin dérivent : 1" un très grand nombre d'indications de noms (datant, je crois, du m" ou du iv" siècle) dans l'Anonyme de Bavenne, écrit vers 700 {Ravcnnalis anonymi Cosniographia, Pindcr et Parthey, 1800); 2" les inscriplions citées p. 124, n. 3; 3" les itinéraires (de Cadix aux Aquœ de Vicarello par la via Domilia et le Genèvre) tracés vers l'an 100 sur les quatre vases de Vicarello (G. /. L., XI, p. 496 et s.; Uesjardins, IV, p. 1 et s.); 4° et, à une époque bien plus tardive, en 333, l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem par le Genèvre (édité à la suite de l'Itinéraire Antonin, Itin. Antonini Aug., Parthcv et Pinder, 1848, et par Geyer, Itinera Hierosolymilana, 1898, dans le Corpus Scr. Eccl. Lai. de Vienne, X.\.>l1X). — Voyez en particulier Kubitschek, Eine Rœmische Kartc, dans les Jahreshefte des Œst. Arch. Imt., V, 19Û2 : il a le tort, je crois, de ramener tous ces documents à une carte; le texte de Végèce (III, G, viaruni ijualilas, etc.), montre qu'il y avait des routiers écrits, et suffisamment descriptifs.

2. Table dite de Peulinger; cf. t. IV, p. 5-33. — En principe, également contemporaine de Caraealla : mais il s'agit encore d'une copie tardive et très arbitrairement faite. Le motif qui a présidé au choix des routes échappe plus encore que pour l'Itinéraire (cf. Desjardins, IV, pi. 10) : je ne peux que rappeler (p. 44, n. 1) l'importance qui y est donnée aux villes d'eaux. — ■ Le document originel devait être une carte routière, allongée, peinte sous portique, comme celle du portique de Pola (Pline, IIL 17), celle du portique des Scholœ Mœnlanœ d'Autun {silus, spatia, intervalla; cf. p. 67, n. 3), et peut-être les itineraria dont on se servait à l'armée (Végèce, III, 6). ceu,x-ci d'ailleurs plus rigoureusement picia que les cartes allongées. — Les déformations invraisemblables que, dans la Table, celte disposition et les négligences des copistes successifs ont iniligées au dessin des cours d'eaux, mers, montagnes et routes même, font que nous ne devons pas accorder à ce dessin la moindre importance : noms et chiffres importent à peu près seuls.

Des auberges et des tavernes s'étaient installées aux bons endroits, aux carrefours ou aux relais'. De grands hôtels devaient se rencontrer à la fin des étapes quotidiennes -, et, la Gaule étant fort peuplée, ces fins d'étapes correspondaient le plus souvent à des villes bourgeoises, accueillantes et confortables ^ S'il s'est trquvé parfois, au Centre ou dans l'Ouest, des gîtes de routes, mansiones, qui fussent de simples caravansérails isolés en pleine campagne'', ils n'ont pas tardé à devenir des centres importants de population, de vraies bourgades^ : dans ce pays paisible, riche et hospitalier, la route, créée par la ville, créait d'autres villes à son tour.

Les relais ^ destinés aux changements d'attelages ou de montures, étaient, cela va sans dire, plus fréquents que les stations de gîtes. On en trouvait au moins tous les quinze milles (vingtdeux à vingt-trois kilomètres) \ En ces siècles romains où

1. Tabernœ, cantines ou auberges; mansioncs, giles d'élapes; deversoria, hùtels plus relevés, pour plus longs séjours; prxtoria, villas pour personnages officiels, et peut-être aussi casernes de passage (voyez la station de Prœloriuni près de IJinogcs, Xlil, 8011; le Prœtoriuni Agrippinw, t. IV, p. 129, n. o). Cf. C. I. L., III, G123; XIII, II, p. 212. On a supposé que la grande salle de la construction de Thésée (le Tusciaca de la route de Bourges à Tours) faisait partie d'un édifice à l'usage des voyageurs.

3. Voici les gites d'étapes de Bordeaux à Arles par la route de l'Armagnac (p. '.)G, n. 2) : mansio à Bazas, Éauze, Aucli, Toulouse, Elusionc (Font d'AIzonnc, t. III, p. 99, n. 4), Carcassonne, Narbonne, Béziers, Cessarone (Saint-Tliibéry, cf. p. 90, n. 0), Nîmes, Arles; sauf deux, ces gîtes correspondent à des villes, et toutes chefs-lieux de cités. Gela fait 11 mansiones pour environ 550 kilomètres (Itin., p. 549-553).

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