‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 166 sur 415 · II. — CIRCULATION DES HOMMES · texte numérisé non relu

II. — CIRCULATION DES HOMMES

Sur toutes ces voies, qu'elles fussent d'intérêt impérial ou provincial, leur rattachement à l'Empire provoquait un extraordinaire va-et-vient de gens et de choses ^ La Gaule ouverte à tous les hommes du monde, Africains, Espagnols, Bretons, Italiens, Grecs et Orientaux purent s'y mouvoir avec la même aisance que dans leur propre patrie.

On aima beaucoup les voyages au temps des empereurs. Ce que l'homme ne possédait point dans sa demeure originelle, joie, santé, richesse ou repos, il le chercha dans un des mille recoins de l'immense patrie à laquelle il appartenait. Il arriva pour l'Empire romain ce que nous constatons dans la France d'aujourd'hui- : on désira, hors de chez soi, une meilleure manière de vivres et on crut la trouver dans le mouvement du corps ou la diversité des spectacles. Moins que jamais, on ne sut mettre le bonheur dans le charme des habitudes et la stabilité des jouissances. «Être errant», signifie presque une manière de vivre pour des hommes de ce temps \

C'est le désir du gain qui entraîne peut-être le plus de gens sur les routes : nous avons déjà parlé et nous reparlerons souvent encore des marchands, des artistes, des ouvriers de tout pays et de tout rang qui sillonnent les chemins gaulois, en quête d'une aiïaire, d'une place ou d'une besogne ^

C'est la religion, ensuite, qui occupe le plus ces chemins.

très bonnes voies : celle venant de Lyon (p. SS et 89), celle partant pour Boulogne (p. 89), celle partant pour Cologne et le Rhin (p. 88), celle du Grand Saint-Bernard par Besançon (p. 8G, n. 5), celle du Petit Saint-Be;nard par Genève (p. 80, n. 7).

1. Cf. Dion Cassius, XLIV, 42, 3-5. Voir ici tout le ch. VII.

Page 1