CIRCULATION DES HOMMES
en Germanie, le corps de Seplime Sévère, mort en Bretagne, traversèrent toute la Gaule, reçus le long des chemins par les foules en deuil ^
D'autres cortèges, ceux-ci vulgaires ou bizarres, se rencontraient avec ces processions solennelles. Les marchands de volailles d'Italie faisaient venir leurs oies de Flandre, à pied par la grande route'; et ces lents troupeaux de bêtes paisibles se laissaient dépasser parles soldats qui regagnaient leurs corps ^ ou les courriers qui galopaient vers les villes \
Quelle diversité et par endroits quelle cohue de passants! Par ces mêmes chemins montaient vers l'Italie les courtisans ou les fonctionnaires qui se rendaient aux seuils sacrés de Rome : on les reconnaissait aisément à leur escorte, car il fallait être bien misérable, trimardeur ou déserteur, pour voyager seul, sans esclave. Lorsque Musicus, affranchi de Tibère, caissier du Trésor en Lyonnaise, quitta la Gaule et revint à Rome, il se fit suivre d'un cortège de seize serviteurs \
Quand passait un empereur ^ c'était alors comme une ville qui s'étalait, s'allongeait sur la route. Autour d'Hadrien en voyage s'avançaient les cohortes de la garde, les services du Palais, les amis du prince et leurs esclaves, et des centaines
— C'est une question, si Arles, Saint-Gilles, Bordeaux, etc., n'ont pas eu dès l'époque païenne des cimetières particulièrement vénérés où l'on désirât se faire ensevelir.