T. I, p. 83; ici, p. 278, n
7. En ce qui concerne en particulier les amphores et gros récipients à terre
212 l'exploitation DU SOL.
Puis, on eut la découverte de carrières de marbre'. L'une après l'autre, chacune des grandes vallées des Pyrénées révéla les siennes-. Aucune n'en montra déplus riches que la haute vallée de la Garonne, avec ses bancs inépuisables de Saint-Iîéat; et ce fut un événement dans la Gaule, lorsque les ingénieurs romains parvinrent à détacher du flanc de la montagne un bloc énorme de vingt pieds, d'où l'on fit sortir une colonne d'un seul jet, prête pour un péristyle de temple : de quoi l'on remercia les dieux ainsi que d'une victoire ^ Mais les Pyrénées ne suffirent pas aux exigences des marbriers que le luxe des édifices municipaux faisait pulluler dans les villes. Ils exploitèrent à fond toutes les Alpes '% ils explorèrent en détail toutes les Ardennes'%
commune, dont les marques paraissent le plus souvent locales; ici, p. 2GG-7. Mais même pour les faux arrétins en terre rougeàtre, je crois bien que chaque cité a eu ses figlinas locales; ici, p. 207 et s.
1. 11 nous man(iue une élude d'ensemble sur les marbres romains de la Gaule. 11 n'y a que des indications épirses dans nombre de travaux, depuis le Rapport d'Héricart de Thurt {Annales des Mines, Yill, 1823) jusqu'à la thèse de Ch. Dubois {Et. sur V administration des carrières, etc., 1908, p. 21 et s.). — Le texte d'Ulpien {Dig., XXIV, 3, 7, 14) semble une allusion à une richesse presque légendaire des carrières de marbre de la Gaule, ut lapis ibi renascatur.
2. Outre Saint-Béat (n. 3), les marbres de Sarrancolin dans la vallée de la Neste d'Aure, ceux de Campan en IJigorre, toutes les variétés des marbres de l'Ariège, très répandus dans l'Aquitaine, en particulier à Bordeaux. Dans les ruines de Ghiragan, Joulin (p. 58-60) a reconnu les marbres gris de Saint-Béat, ceux de Sarrancolin, ceux de Caunes en Languedoc et, entre autres variétés ariégeoises, les griottes rouges, vertes et isabelle de Seix. Les fubncnta Aquilanica (Sidoine, Ep., 11, 10, 4) doivent être des marbres des Pyrénées).
3. G. /. L., XIII, 38 (inscription près de Saint-Béat) : Silvano deo et Montibus Numidis[= « sanctis'? »] Q. Jul. JuUanus et Publicius Cresccntinus [ce sont des Italiens?] qui prinii hinc colamnas vicenarias celaverunt et cxporlaverunt. On a cru reconnaître les traces de l'exploitation gallo-romaine dans « de profondes excavations creusées verticalement dans le roc vif» ; Barry, Bail, de l'Institut de Corresp. archcol., 1862, p. 142. — Marmorarius mentionné àArdiège dans la même région (XIII, 122).
4. Cxduntur in mille gênera marmorum, dit Pline (XXXVI, 2). Et on put en dire de même du Jura et des Vosges. — Paul le Silentiaire (vers 637 et s.) mentionne à Sainte-Sophie de Gonstantinople du marbre des montagnes celtiques (Kï/ti; paOyxpjTraXlo; ipiTi-rr,), noir avec des veines blanches courant cà et là. L'expression grecque fait aussitôt penser aux Alpes (Caryopbilus, De antiquis marmoribus. 1738, p. 131) : mais il n'y a pas de marbre de ce genre dans les Alpes. S'agit-il des Ardennes avec leur célèbre marbre de Sainte-Anne? ou, bien plutôt, des Pyrénées, avec leur marbre - grand deuil », >< de style admirable », d'Auberten Ariège, qu'on retrouve à Rome et à Saint-Marc de Venise (Frossard, Mcm. sur les marbres des Pyrénées, 2" éd., 1895, p. 19)?
5. Dans les villas de Belgique on a reconnu notamment le marbre rouge du
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et ils arrivèrent à de tels succès qu'ils purent réaliser en marbre de Gaule les cent couleurs de la nature'.
D'autres pierres, moins belles mais aussi curieuses, attirèrent certains spéculateurs. On utilisa la stéatite et la serpentine', le schiste noir\ l'ardoise S la pierre tendre de Maestricht, qui se découpait en fines lamelles pareilles à des plaques de métaP. Mais on eut sans doute le regret de constater la pauvreté de la Gaule en pierres dures et précieuses, si recherchées des artistes et des amateurs de Rome : ce dont le cristal de roche '' et le grenat almandin des Alpes et des Maures ne purent suffire à les consoler '.
En revanche, le travail sur matières communes fut inimaginable. Pendant trois siècles, on ne cessa de ramasser par tombereaux les produits ordinaires du sol, la pierre à chaux, le sable et le plâtre, destinés à ce mortier de muraille ou à ces bétons d'aires dont les Romains faisaient une prodigieuse consommation pour leurs édifices ou leurs voies ^, le gravier et les
pays entre la Sambre et la Meuse, et je doute fort qu'on n'ait pas utilisé le marbre noir des Ardennes. — Ausone parle des marbres des bords de la Ruwer près de Trêves {Mos., 359 et s., marinore clarus Erubris). Je ne sais si on les a relrouvés (on a supposé qu'Ausone voulait parler, ou des scieries de marbre importé, ou des ardoisières du pays). — Cf. ici, t. I, p. 81.