‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 328 sur 415 · XII. — TABLETTERIE ET PAPETERIE · texte numérisé non relu

XII. — TABLETTERIE ET PAPETERIE

On ne peut accorder, au contraire, qu'une courte attention aux industries de l'os, de la corne, de l'ivoire, du bois et du papier, qui occupaient fort peu d'ouvriers dans les Gaules et

s'appelait alabandiais (d'où nous avons formé grenat almandin), il serait possible que les lapidarii Almanticenses ou Almanicenses d'Arles et de Cimiez (XII, T32; V, 7869; ici, t. IV, p. 399, n. 7) fussent les ouvriers en grenat des Alpes, et, pnr extension, en pierres préi'ieuses.

1. Brilish Muséum... Early Jron Age, p. 87 et s. On a supposé que les objets emaillés dont nous allons parler venaient de Bretagne.

2. Atelier d'émaillerie à Anthée chez les Tongres (non loin de Dinant), qui peut avoir été le centre de production {Annales de la Soc. arch. de Aamur, XXIV, 1900-4, p. 262 et s., travail très important de Bequet); inscription sur boucle, lettres gravées remplies d'émail rouge, séparées par des losanges de bleu et de vert, XIII, 10027, 233 d (trouvée à Amiens; Musée de Péronne); Reims, Cat. du Musée arch., p. 50: etc. — Voyez, au sujet de ces fibules émaillées et de la question si discutée de l'émaillerie eu général (outre n. 1 et 3) : Labarte, Recherches sur la peinture en émail. 1836, en particulier p. 92-6; Pilloy. Bull, arch., 1893, p. 232 et s. (favorable à la thèse belge); Morin-Jean, Les Fibules delà Gaule romaine, dans le Congrès préhistorique de France, 1910, Tours. La découverte au Caucase de fibules identiques aux fibules belges a fait croire à une origine orientale pour celles-ci, soit importation d'objets, soit influences industrielles ou artistiques: cf. Chantre, Recherches anthropologiques dans le Caucase. III. 1887. p. 101 et s. Mais n"a-t-on pas trouvé au Caucase des fibules de bronze du fabricant belge Aucis^a (p. 304, n. 6)?

3. Ici se place, à titre d'exception au moins apparente, le vase de bronze à ornements d'émail trouvé à La Guierce (dans Pressignac) en Limousin, vase qu'on dit de la fin du ni' siècle (.Molinier, Hist. gén. des arts appliqués, IV. p. 31). que tantôt on attribue à une origine orientale, tantôt on regarde comme une œuvre locale, formant transition entre l'antique émaillerie celtique et l'émaillerie limousine du Moyeu Age. J'inclinerai à y voir une œuvre gallo-romaine de Belgique, peut-être de l'atelier d'Anthée; de même, je pense, le vase d'Ambleteuse au British Muséum, l'émail de Famars au Louvre, le vase de La Plante au Musée de Namur. la patère de Pyrmont, etc. Il n'en est pas moins curieux de rencontrer ce vase, le [dus intéressant produit de l'émaillerie gallo-romaine, en plein pays limousin. Tous ces objets sont à revoir de près. En dernier lieu, Morin-Jean. Dict.. I.\, p. 949.

qui n'y déterminèrent aucune glorieuse initiative : car l'importation étrangère arrêtait à chaque instant les élans vers de nouvelles entreprises.

Les siècles romains ne furent point favorables, dans notre pays, à la tabletterie d'ivoire. C'était un travail de luxe, auquel suffirent les ateliers de Rome. Et si les grands seigneurs de la Gaule, les gouverneurs de provinces, les légats d'armées ne s'interdisaient pas, pour orner leurs villas ou leurs tentes mêmes, d'acquérir les ivoires les plus finement travaillés, œuvres de praticiens consommés', tout porte à croire qu'ils se les faisaient adresser de la capitale par leurs acheteurs attitrés.

En fait d'objets d'os ou de corne, ceux-ci communs en tant que matière et vulgaires en tant que forme, il va de soi que la Gaule n'avait point besoin de recourir à l'étranger. Elle fabriqua, en ce genre, les mêmes choses que notre temps, des peignes "^ des fuseaux ^ des styles^ et des tablettes à écrire ^ des lamelles d'éventaiP, des dés' et des jetons \ des flûtes rustiques \ des manches de couteaux 'V des cadrans porta-

1. En dernier lieu, Miclion, Bull, arch., 1915. p. 77 et s., à propos du coffret à bijoux trouvé au Pouzin (Ardèche).

2. A l'époque gauloise il y en eut en bronze; Décheletle, H, p. 1285.

3. II dut y en avoir en bronze à l'époque gauloise, comme du reste à l'époque romaine; les pesons de fuseaux ou fusaïoles sont d'ordinaire, à l'une et à l'autre époques, en pierre ou en argile, quelquefois en schiste. Quelques-unes de ces fusaïoles présentent, au m" ou iv' siècle, de curieuses inscriptions et, chose étrange! de nature fort grossière (Héron de Villefosse, Bull, arch., 1915, p. 213 et s. ; Lolh, Ac. des Inscr., C. r.. 1916, p. 168 et s.) : on eut l'usage, et dés les temps celtiques, de les enfermer dans les tombes, à je ne sais quel litre cultuel ou symbolique (cf. Déchelette, Man., II, p. 1308; ici, p. 293, n. 4j.

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