‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 96 sur 415 · LES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX

gens, enterrés dans leur fosse sans pierres et sans bâtisses ^ Mais il suffit qu'un esclave ou un artisan ait de quoi se payer un bloc de pierre et les frais d'une gravure, pour qu'il installe cette pierre, portant son nom. sur un carré du sol, et qu'il assure à ses cendres un monument impérissable et tangible ^ Cet usage fit que la Gaule se couvrit d'une quantité extraordinaire de tombes. Un emplacement de maison servait à d'innombrables générations de vivants; un emplacement de tombe était réservé au premier occupant ^ L'édifice funéraire, le plus souvent, était fait pour un seul mort, à la rigueur pour lui et ses plus proches*. Les caveaux de familles, destinés à servir plusieurs générations, sont beaucoup plus rares que les sépultures isolées. On ne déplaçait pas les tombeaux, et à chaque journée il s'en créait de nouveaux. Il fallut les désastres du troisième siècle, invasions germaniques et destruction des villes, pour faire quelques brèches sérieuses dansles nécropoles toujours croissantes'. Sans cela, la terre des vivants eût été submergée pur la dalle des morts : aucune période de l'humanité n'a bâti et n'a laissé plus de pierres tombales que les trois premiers siècles impériaux. Presque toutes les ruines anonymes et bizarres que nous trouvons dans nos campagnes ou aux abords des villes sont des restes de mausolées'. Rien qu'avec des débris de sépulcres, les Romains du troisième siècle ont pu construire des pans entiers de murailles^ C'est peut-être par le monument funéraire que

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