L'ADMINISTRATION CENTRALE
personne du prince et des ministères préposés aux affaires de l'Etat. Il faut en parler à propos de la Gaule, parce que ces services et ces ministères n'étaient plus immobilisés dans Rome mais qu'ils suivaient et entouraient l'empereur, sinon dans ses quartiers généraux de guerre, du moins dans ses résidences civiles1. Trêves, par exemple, les a abrités et retenus pendant de longues années : toute ville de séjour impérial devenait siège de l'Empire 2; et quand Théodose et Honorius se iixèrent à Milan, ce fut pour Trêves et la Gaule l'ère de la déchéance3.
Les services de la personne impériale étaient ceux du Consistoire, de la Chambre, du Palais et de la Garde. — Au Consistoire ou Conseil4 étaient convoqués les chefs des ministères, des conseillers en titre, et au besoin tous ceux qui pouvaient donner au prince un avis utile "\ — Le Palais, sous
vers 400-404 (voyez les remarques de Bœcking, Ueber die Notitia, Bonn, 1834, p. 120-121), mais il peut y avoir des arrangements de détail postérieurs; on verra aussi que ce document ollre d'étranges lacunes (p. 99, n. 4, p. 107, n. G); et ce n'est qu'un extrait à usage pratique ou même scolaire (p. 110, n. 2, p. 118, n. 1), et nullement l'almanach officiel lui-môme, lequel devait sans doute, à côté des titres, renfermer les noms des titulaires (cf. Notitia, Occid., 16). Les contradictions ou lacunes peuvent provenir en particulier de ce que le rédacteur a tantôt copié l'état théorique des fonctions, tantôt s'est conformé à la situation actuelle (cf. p. 58, n. 8, p. 20, n. 2). — Bury vient de retarder de plus d'un quart de siècle la rédaction de la Notitia (The Journal of Roman Studies, X, 1920, p. 131 et s.); voyez la réponse de F. Lot, Rev. des Et. une, 1923, p. 50. — La Notitia n'est autre que le laterculum majus rédigé par le chef des nolarii (p. 10, n. 11). Mais il y avait à côté de cela, tenu à jour originellement par le questeur, un laterculum minus, qui était la Hsle des corps de troupes, et peut-être pas de tous (C. Th., I, 8, Mommsen). Je ne vois pas d'explication plausible à cette différence, qui d'ailleurs ne se présente pas explicitement en Occident : mais elle a pu aussi y exister (cf. A'oJ., Occ, 1G, vignette), et le laterculum minus a pu y comprendre en particulier les prœpositune militaires relevant directement du maître général de la milice (p. 18, n. 3). — L'édition Seeck, 1876, n'a pas remplacé, même pour le texte, la grande édition avec commentaires, de Bœcking, 1839-1853. — Pour le Code Théodosien, voir t. VII, p. 12, n. 5.
1. L'exemple de Julien (t. VII, p. 206, n. 4) est typique à cet égard.
2. T. VII, p. 57 et s., en particulier p. 58, n. 3, p. 59, n. 2.