T. IV, p. 172-3; t. V, ch. VI
tions internationales ont disparu dans la tourmente du dernier siècle : rien ne subsiste des céramiques de l'Auvergne, du Rouergue ou du Gévaudan1, rien non plus des fabriques de lampes dauphinoises ou de poteries lyonnaises2, et on a même vu s'arrêter à la fin la verrerie normande de Frontin, la dernière née des grandes maisons de la Gaule3.
A leur place, en fait de vastes établissements d'industrie, je ne trouve que ceux qui appartiennent à l'Etat, et qui travaillent pour lui : manufactures d'armes de guerre ou d'habits de cour, ateliers de tissage ou de confection à l'usage du personnel civil ou militaire de l'Empire4. La plupart, d'ailleurs, continuent de très anciennes traditions locales; mais je ne saurais dire si l'Etat a sauvé les fabriques particulières en prenant leur suite, ou s'il ne les a pas ruinées en se substituant à elles.
A moins de sottise, les bureaux de l'empereur ne pouvaient en effet installer une manufacture d'Etat qu'en un milieu déjà habitué à son genre de travail, à portée de la matière première dont elle avait besoin. Si des teintureries impériales se sont organisées à Toulon et à Narbonne5, c'est parce que les parages maritimes de ces deux villes étaient depuis des millénaires le rendez-vous des pêcheurs de pourpres6. La grande manufacture
1. T. V, ch. VI, p. 274. Cf. t. IV, p. 479, n. 1 ; Déchelette, Vases, I, p. 190 et s.