Cf. t. I, p. 447 et s., t. III, p
10. L'expression officielle (voyez la Notitia dignitatum) est partes Orientis, parles Occidentis.
empereur. Mais la chose paraissait de peu d'importance. Il n'y avait toujours sur l'espace qu'un seul peuple romain et qu'un seul Empire *, et, dans le temps, que deux consuls, qui allaient marquer sur les fastes de la terre le dernier siècle d'un millénaire de révolutions célestes2. D'ailleurs, les deux moitiés de l'Empire appartenaient à deux frères : c'était un héritage indivis en droit et partagé pour l'usufruit. Les hommes de la Gaule et ceux de l'Orient se disaient également Romains et concitoyens, à la manière dont les fidèles des deux contrées se disaient Chrétiens et frères. Trois siècles auparavant, Marc-Aurèle avait donné à son frère la moitié de l'Empire3; depuis Dioclétien, les partages en avaient été nombreux et variés4; sous la République même, les proconsuls ou les triumvirs s'étaient distribué les provinces entre eux5. L'unité du monde romain n'avait jamais été brisée pour cela, pas plus que l'unité de l'essence divine n'était rompue par les personnes de la Trinité6. Plus que jamais, la patrie d'en bas rappelait la patrie céleste7.
A n'entendre que ces pieuses métaphores ou ces poésies éloquentes, on admirera en l'élite de ce temps un patriotisme éclairé et sincère.
1. Stabilcm servant Augustis fratribus orbern; Cl.'iudien, In Rufmum, pr., 17.
2. La première aimée consulaire datait de plus de neuf siècles, de 509. Voyez en particulier Glaudien, In Olybrii et Probini fratrum consulatum (eu 395).