‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 466 sur 473 · T. 1, ch. 1, II et III · texte numérisé non relu

T. 1, ch. 1, II et III

d'esprit que ces énergies avaient peu à peu produites ', apparaîtraient de nouveau au jour de l'histoire; et la contrée « bâtie par la Providence » 2 redeviendrait la demeure d'une grande patrie, qui emporterait tout ensemble, vers les destins d'un long avenir, des aspirations nouvelles et des traditions rajeunies3.

Absorbés par l'admiration de l'Empire, les historiens modernes n'ont pas regardé la Gaule qui se redressait au milieu de lui. A force de louer l'édifice, ils n'ont plus aperçu la pierre qui lui servait de clef de voûte4. C'est la Gaule et sa frontière qui, sous Postume et ses héritiers, ont sauvé l'Etat romain de l'invasion barbare5. Il a bien fallu, ensuite, que les empereurs de la Restauration reconnussent la valeur naturelle et spéciale représentée par ce pays, les conditions particulières que Rome devait lui faire, les services qu'il lui rendrait en échange; ils comprirent enfin le profit que l'Etat latin aurait à traiter la Gaule, si je peux dire, en personne de Gaule et non pas en groupement de provinces, à l'associer à l'œuvre de l'Empire plutôt qu'à la lui infliger. Et l'on vit alors les Césars fixer chez elle leur résidence, veiller eux-mêmes sur sa frontière du Rhin comme si elle était la clôture prédestinée de la civilisation occidentale, et désigner une de ses villes pour être sa capitale et le foyer d'une vie qui lui serait propre. Trêves, pendant plus de cent ans, de 286 à 394, donne le branle au corps de la Gaule : quand les empereurs n'y séjournent pas eux-mêmes, elle reste

1. T. I, p. 110 et s., 252 et s., et surtout p. 527 et a. (56 édit.) ; t. 11, surtout ch. XIII.

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