Cf. Dion, XXXIX, 12 et suiv
En Occident, au contraire, il y avait à prendre presque toute la Gaule, rile de Bretagne, la Germanie, l'empire des Daces, terres riches en blé, en troupeaux, en mines et en esclaves. C'était au delà des montagnes, du côté du Rhône, du Rhin et du Danube, que regardaient tous ceux qui convoitaient de la puissance et des richesses. Soldats et officiers désireux de butin', d'avancement ou d'honneurs, jeunes nobles traqués par leurs créanciers, chevaliers, publicains, trafiquants et capitalistes à la recherche de nouveaux marchés et de nouveaux placements % consulaires enfin, comme César, qui demandaient à la guerre la gloire du triomphe, de l'or pour acheter les suffrages et la maîtrise d'une armée pour dominer dans Ronie^ : tout ce monde, depuis le proconsul qui rêvait d'un empire universel, jusqu'au valet de légion détrousseur de cadavres % avait besoin d'une conquête en Gaule, en Germanie ou en Dacie. Et c'est pour cela que César, le chef avéré de ces hommes, se fait attribuer les trois provinces du nord, Cisalpine, Transalpine, Ulyrie^ A son gré, il attaquerait Gaulois, Suèves ou Daces'.
Le malheur pour la Gaule était qu'il fallait commencer par elle. La migration des Helvètes et la puissance d'Arioviste fournissaient de très sérieux motifs à l'intervention du nouveau proconsul. Jamais pires ambitions ne purent se colorer de plus légitimes excuses. La question, en 59, n'était pas de savoir si César passerait la frontière; personne n'en doutait plus : on pouvait seulement se demander jusqu'oîi il mènerait les légions, et si, après la Gaule, il attaquerait encore vXrioviste et Rurbista. Mais, quoi qu'il advînt de César, l'Occident, en proie à ces trois hommes, -trouverait son maître.