VI. — ENTENTE DE CÉSAR AVEC LES ÉDUENS
Pour y arriver, César n'eut pas à combattre : le confluent de Fourvières relevait des Eduens^ et ceux-ci accouraient audevant de lui en amis et solliciteurs.
Quand les Helvètes s'étaient vus contraints de franchir le Jura, ils firent demander le libre passage aux Séquanes, qui refusèrent ^ Ils s'adressèrent alors à Dumnorix l'Eduen, et le prièrent de les tirer d'embarras. L'ambitieux personnage cherchait toutes les occasions de se faire des amis : il intercéda à Besançon en faveur des émigrants. Grâce à lui, Helvètes et Séquanes se promirent de bons offices réciproques, et des otages furent échangés \ Le convoi des émigrants s'ébranla, et entra
1. I, 10, 5. — C'est sans doute à cette marche que se rapporte le récit de Polyeu (VIII, 23, 2) : la route était barrée par le camp ennemi, en contre-bas duquel se trouvaient des rivières et des bas-fonds marécageux; César profita du brouillard matinal pour faire descendre des soldats au pied de la colline : quand l'ennemi se vit investi, il déguerpit. « C'est cet espace qui s'étend entre L'Argentière et le confluent du Guil qui convient le mieux aux indications du récit de Poiyen », m'écrit Ferrand, qui ne serait pas éloigné de placer la scène vers La Roche-de-Rarae, près l'ancienne Rama : c'est le lieu qui commandait l'entrée dans le pays des Gaturjges, Embrun et Chorges. Je suis assez de son avis (cf. Bev. des Et. anc, 1909, 2" f., p. 135 et suiv.).
2. I, 10, 5 : route d'Embrun, Chorges et le col de Cabre (cf. t. I, p. 46, n. 6). — 11 me parait impossible de le faire passer par la Romanche et Grenoble (von Gœler, 1, 2* éd., p. 13; Napoléon III, p. 64) : nous ne sommes plus chez les Voconces, dont parle César.
3. Hypothèse tirée du fait que nous allons trouver Labiénus avec César (p. 207).
4. Inde in Allobrogam fines, ab Allobrogibus in Segasiavos [rass. Sebusianos] exercitum ducit. Hi sunt extra Provinciam trans Rhodanum primi. Sur la frontière, cf. p. 190.