‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 251 sur 776 · Cf. p. 205, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 205, n

ENTENTE DE GliSAR AVEC LES EDUENS. 205

aux terres de trois peuples différents, Allobroges, Ambaires et Eduens, ils provoquèrent partout de justes colères '. C'est à César que l'on se plaignait-. Il avait déjà franchi la frontière^ ; mais il n'avait pas encore trouvé une raison légitime d'intervenir : les amis de Dumnorix venaient de la lui fournir.

Une. entente formelle et publique fut conclue entre César et les magistrats du peuple éduen. En vertu de leur traité d'alliance avec Rome, ils réclamèrent solennellement du proconsul aide et protection*; et le proconsul, en vertu des anciens décrets du sénat, se mit aussitôt, lui et son armée, à leur disposition ". En échange, les Eduens s'engagèrent à assurer le service des vivres ® et à placer leur cavalerie sous les ordres de César ^

De nouvelles fautes, commises par les Eduens, accrurent encore les chances de César. Non seulement on lui envoya la cavalerie promise, mais on mit à sa tête Dumnorix \ Celui-ci ne vint que dans l'intention de trahir César et de passer aux

1. I, 11; 14, 3 et 6 : au sortir de chez les Séquanes [val Michaille, p. 204, n. 1] ils passent d'abord chez les Allobroges, où ils brûlent vicos [les villages du val Romey, vallée du Séran], puis chez les Ambarres, où ils assiègent en vain oppida [les bourgades des deux côtés de l'Ain], enfin chez les Eduens, où ils prennent d'assaut oppida [peut-être seulement un seul, Màcon]. — Je suppose qu'ils ont suivi la route directe et les percées du nord, par Chàtillon, Nantua (cf. Senault, p. 27) et Bourg, et non pas le chemin détourné du sud, par Virieu, Ambérieu et Pontd'Ain (cf. Napoléon 111, p. Gd-6). Et en effet, dans ce dernier cas, ils auraient traversé de part en part le pays allobroge (par Seyssel, Culoz, Virieu), et je doute que les Allobroges n'aient pas réussi à les arrêter : tandis que, si les Helvètes ont brûlé si aisément leurs villages, c'est qu'ils ont pris leur territoire par l'extrémité, par les chemins qui abordent le val Romey à sa pointe nord, de Saint- Germain-de-Joux au Burlandier. Enfin, s'ils ne s'étaient pas écartés du Rhône dès le fort de l'Écluse, je doute que César fût parti de Genève avec une telle sécurité. — 11 me parait plus difficile encore qu'ils aient suivi constamment, plus au sud, la rive droite du Rhône. — Bourg, par où je les fais volontiers passer, semble avoir été un centre important dès l'époque gauloise (trouvaille d'oboles de Marseille, Blanchet, p. 539).

2. I, 11; Dion (XXXVlll, 32, 2) parle aussi de plaintes des Séquanes.

3. Cela résulte (sans certitude) de l'ordre des faits chez César (I, 10, 5 et 11), et de paene in conspeetu (I, 11, 3).

Page 1