VII. — LA POURSUITE DES HELVÈTES ET LA RUINE DE DUMNORIX
César, de Lyon ^ , commença sa marche vers le nord. Il conduisait la plus singulière armée qu'un général du sénat romain eût rassemblée en Occident : trente mille légionnaires *, force disciplinée et compacte; groupés autour d'eux, les frondeurs des Baléares, les archers de Crète, les cavaliers numides, aux costumes bariolés et aux parlers étranges % Barbares du Midi qu'on menait aux Barbares du Nord; plus loin, quatre mille cavaliers celtes, étourdis, glorieux et fantasques, fiers de leurs beaux chevaux et de leurs armes d'apparat *^ ; autour du proconsul, ici, les jeunes officiers romains, transportant sous ces cieux nouveaux leur orgueil et leurs appétits d'Italiens ', et là, les chefs éduens et gaulois, rusés, retors, pleins d'arrière-pensées, guettant l'occasion de se nuire et de trahir Rome ou la Gaule *; et au-dessus de ces armes, de ces hommes et de ces passions, plus fort et plus habile que tout,