‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 320 sur 776 · Cf. p · texte numérisé non relu

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3. Noviodiinum, étant la principale place de refuge des Suessions (cf. II, 12, 4; U, 1), doit être cbercbé au centre du pays, par suite non loin de Soissons; la rapidité de la marche de César ne peut s'expliquer que s'il a suivi un chemin facile et découvert, et ce ne peut èlre que la route de l'Aisne; le fait que César e^t arrivé à Noviodunum sans rencontrer les fugitifs (ici, n. o), montre que plusieurs routes y conduisaient. Tout cela me fait incliner à accepter Voppidum de Pommiers (fouilles de Vauvillé ; cf. t. II, p. 219, n. 3), qui du reste est des derniers temps de l'indépendance, et qui se trouve au croisement de l'Aisne et de la grande voie antique (jui coupe du nord au sud le pays des Suessions. De même : Vauvillé, Congrès arcli. de France, LIV s., 1887, p. 183 et suiv.; Rice Holmes, [). 474. — Soissons, accepté si souvent (Sanson, § 136; von Gœler, 2" éd., p. 72; de Lirattier, Essai, etc., 1861, p. 19, dans le Bull, de la Soc. des Antiquaires de Picardie, VII; Napoléon III, p. 118), est impossible : c'est une ville de fondation romaine. — Le mont de Noyant au sud de Soissons (Lebeuf, Diss. sur l'état des anciens habitans du Soissonnois, 1735, p. 18, et Mercure de France, avril 1736, p. 637) ne me parait pas offrir un site d'oppidum gaulois. — Autres hypothèses : Noyon (ancienne opinion : Marlianus; de Vigenere, p. 70; Le Long, Hist. eccl. du diocèse de Laon, 1783, p. 10), Nouvion-le-Vineux (Wauters, Bull, de VAc. ... de Belg., L, HT s., 1, 1881', p. oGi-o), le mont de Noyon près de Chevincourt (Peigné-Delacourt, Recherches sur la position, etc., 1862, extrait des Mém. de la Soc. des Ant. de Pic, XIV, 1856; le même, Supplément aux Recherches, etc., 1859, p. 2 et suiv., dans les Mém. de la Soc. des Ant. de Picardie, W s.. Vil = XVII; le même. Comité arch. de Noyon, [I], 1856-60, p. 103; contra, de Grattier, Essai, p. 19, etc.).

4. César, II, 12, 1 : Mugno ilinere confecto; poslridie me paraît déterminer toute la phrase. Cf., là-dessus, en divers sens, outre les éditeurs de César : Bécu, Com. arch. de Noyon, []], 1856-60, p. 117 et suiv.; Rice Holmes, p. 652-4; etc.

5. II, 12, 1-4. Pour que César ne les ait pas rencontrés, il faut que le combat de

Les Suassions, chef en tête, se montrèrent durant la nuit et purent entrer dans leur ville. César ne les en empêcha pas, assuré d'ailleurs qu'il les prendrait au piège '. Il tenait prêts ses mantelets, les matériaux d'une terrasse d'approche, ses tours d'attaque "^ Le matin même, l'ouvrage du siège commença : les tours se dressèrent et la terrasse s'éleva peu à peu ^

Les événements de ces trois jours avaient troublé l'esprit des Gaulois. Un ennemi qui vous poursuit et qui arrive avant vous, d'énormes et mystérieuses machines qui bloquent le matin une ville où l'on est entré dans la nuit, le double prodige de cette marche rapide et de cette construction colossale terrifia les Suessions. Ils se rendirent. A la prière des Rèmes qui l'accompagnaient. César se contenta d'otages et des armes *.

En droite ligne, la route de l'Aisne le mena chez les Bellovaques (par Compiègne?) ^ Diviciac l'avait rejoint °. On était à cinq milles de leur place forte, Brahispantmm (près de Beauvais?) ^ lorsqu'arrivèrent les anciens de la nation, portant les

la veille (p. 237, n. 1) les ait rejetés, soit (ce que je préfère) sur la roule des hauteurs (chemin des Dames), soit sur la rive gauche de l'Aisne. Il n'en demeure pas moins étonnant que César soit arrivé avant eux (cf., contra, à Aiésia, p. 503). — On a supposé, pour remédier à la difliculté, que les Suessions et tous leurs confédérés s'étaient repliés par la voie de Laon (p. 231, n. 5) sur La Fère, et que la dislocation s'y était opérée (Creuly, Carie, p. 53). Mais : Pils n'auraient pas eu le temps d'arriver (jnelques heures après César; 2" le départ des Suessions doinum a commencé après la hataille de l'Aisne (11, 11, 1; p. 2ot), n. 2); 3" le le.\le de César (12, 1 et ."j, exfwja) montre bien que Romains et fugitifs marchent presque ensemble.

2. II, 12, 3. 11 semble qu'il ait songé à l'assaut, mais qu'il recula devant la liauteur du mur et la largeur du fossé (12, 2; t. 11, p. 219, n. 3) : comme il ne parle pas (pas davantage 12, 3; d'obstacles naturels, il a donc voulu atta(|uer l'oppidum par la croupe ou le large col qui le lontinue au nord, et (jui est en elTet de plain-pied avec lui. C'est sur celte croupe qu'il dul miinire castra (12, 3); Vauvillé (CoïKjris, p. 18i-5) place le camp et la terrasse plus au nord-ouest.

:{. 1, i2, .') : il s'agit d'une terrasse bdtie uniiuement pour combler le fossé {a<j/jere jurlo), cf. n. 2.

4. Il, 12, 5; \'i, I. Comme otages, les priini rivilatis et les deu.x llls du roi Galba. Il y eut, de la part des Suessions, un acte formel de deitUio (13, 1).

(i. 11, 14, I. A Compiègne? Les Kdueiis avaient été renvoyés chez mix, peut-être pour ne jtas les obliger à combattre his ellovaques, leurs clients.

7. Il, 13, 2. Hralitspnntiiiin, étant le refuge principal des Bellovaqiies (II, 13, 2, f sua<iur Diim'ui). MK! i)aralt devoir être cherché au centre de leur territoire, sur

snrMissioN dr la nELnincR au sun nns ardennes. 259

paroles habituelles de la soumission '. (lésar leur lit attendre sa réponse jusqu'aux portes de la ville. A la prière de Diviciac, il leur accorda les mêmes conditions qu'aux hommes du Soissonnais ".

Au nord des Bellovaques, le proconsul trouva les Ambiens, sur les deux rives de la Somme. Ils se rendirent dès son approche \

Jusque-là, César avait parcouru sans danger les plus belles terres de la Belgique. De Reims à Soissons, de Soissons à Beauvais. de Beauvais à Amiens, c'étaient, par ces mois ensoleillés où les légionnaires montèrent vers le nord, de merveilleux pays qu'ils traversaient, avec les claires rivières qui marquaient leur chemin, les champs de blé mûrissant qui s'étalaient sur les

leur voie iiinitresse, qui était le Thérain, pas très loin de Beauvais, qui l'a remplacé à Ifpoque romaine. — Je n'hésiterais pas à accepter le mont César, auquel on a pensé si souvent dans ces temps-ci, excellente position d'oppidum gaulois, plus isolé encore qu'Alésia, défendu par sa hauteur solitaire et couvert par ses tourbières, et où il est certain qu'il y eut une ville dans les derniers temps de la liberté, si le texte de César (13, 3) ne me semblait indiquer un oppidum facile à attaquer, dont les Romains ont pu s'approcher sans peine et de très près, plantant leur camp presque aux portes. — Breteuil ou Vendeuil, auxquels on pense souvent

(depuis le XVI' siècle: Bonamy, -Vm del'Ac.desInscr., XXVllI, I76i,p. 423etsuiv. ;

d'Allonville. p. 145 et suiv. ; Graves, iVoHee arch. sur le dép. de COise, 2' éd., Beauvais, 1856, p. 85 et suiv.; Devic, Braiuspantium, dans L'Investigateur, 1843, III, II* s., X'a., p. 81 et suiv., cf. ses Éludes, Arras, 1803: Napoléon III, p. 120; Dict. arch., 1. p. 11)3: Rice Holmes, p. 398; etc.), me paraissent trop près de la frontière (cf. César, 11, 15, 2). Il est vrai qu'il y avait là en ce temps un habitat gaulois considérable. — On a aussi proposé : Gratepanse dans Ferrières près de Montdidier (de Vigenere, p. [663]; Maillet, Corn. arch. de Noyon, [I], 1836-60, p. 197 et 8uiv. ; de Beauvillé, Hist. ... de Montdidier, I, 1875, p. 24 et suiv. ; Peigné-Delacourt, Supplément, 1839. p. 7 et suiv., etc.; Caudel, C.-r. et Mém. du Comité arch. de Sentis,. 11* s., IV, 1878, p. 26; etc.); Montdidier (après bien d'autres, von Gorfer, 2" éd.,. p. 73); Clermont; Reaumont (cf. de Vigenere, p. [663]); Grandvilliers; Grattepanche prèsd'.\mieus; même le Brabant(au Moyen Age, Manillon, Acta sanctorum,. V, p. 306): etc. — Beauvais (.Sanson, §47; de Valois, Not. G., p. 113; Barraud, Bull, mon., II, XI, 1843, p. 31 et suiv.; de Grattier, Essai, etc., 1861, dans le Bull, de la Soc. des Ant. de Picardie, VU; etc.) est impossible, comme Soissons pour Aoviodunum (p. 237, n. 3). — Je propose donc, sous toutes réserves, quelque croupe dans les environs immédiats de Beauvais.

1. II, 13. 2. Il les rencontra à 5 milles de la ville (au passage du Thérain ?).

2. II. de 13, 3, à 15, 2 : il y eut 600 otages (13, 1) et acte formel de dedilio (13, 2). Cette incroyable docilité des Bellovaques, si nombreux et si fiers, et si tenaces plustard (p. 547 et suiv.), s'explique : l" par quelque négociation entre eux et Diviciac; 2' parla fuite des principaux chefs en Bretagne (14, 3 et 4). La reddition a dû être précédée de quelque révolution qui rendit le pouvoir au sénat.

3. Il, 15, 2 (sans doute par la route de Beauvais à Amiens) : là encore, il y eut deditio. Il dut y avoir, en même temps, soumission des Calètes et des Véliocasses.

plateaux, les bois qui rafraîchissaient les sentiers et coupaient la monotonie des longues routes. Ils n'avaient combattu que juste assez pour s'apercevoir de leur tâche de conquérants. Cette Belgique des bords de l'Oise était aussi radieuse et aussi accueillante que la Celtique du Beaujolais et de la Bourgogne.

xMais au nord d'Amiens, le pays et les hommes changeaient de caractère. Les forêts interminables commençaient, pleines de déserts, de marécages et de bêtes fauves; elles abritaient des tribus à demi sauvages, en partie d'origine germanique, surpassant les autres Belges en bravoure et en rudesse. Elles étaient même plus redoutables que les hommes d'Arioviste : car, vivant d'une vie sédentaire, attachées à leur sol, familières de leurs bois et de leurs marais, elles sauraient les défendre avec l'âpreté du maître qui garde son bien et la ruse du paysan qui connaît les mille recoins de son pays '. — D'autre part, César ne voulut pas laisser cette contrée des Ardennes dans l'ignorance de ses légions : la route de Sambrc-et-Meuse, qui la traversait, était la voie maîtresse de toute la Gaule du Nord, et les nations qui y commandaient pouvaient à leur gré ouvrir ou fermer la Gaule aux invasions germaniques. D'Amiens, le proconsul se dirigea (par Bapaume?) vers la ligne de la Sambre ^. Aux bords de l'Escaut, à Cambrai, il se trouvait chez les Nerviens \

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