‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 362 sur 776 · T. II, p · texte numérisé non relu

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sur la Manche serait compromis'. Et en quelques heures, dans un de ces revirements subits qu'on reprochait si souvent aux Gaulois, ils se décidèrent à provoquer .Rome et se lancèrent dans l'irréparable.

Crassus hivernait dans l'Anjou avec la YIP légion, aussi confiant que son proconsul. Les otages qu'il tenait en sa garde lui garantissaient l'obéissance de la contrée. Ses officiers circulaient sans inquiétude chez les peuples voisins, rassemblant les vivres destinés au camp : deux d'entre eux se trouvaient en Morbihan chez les Yénètes, d'autres au nord de l'Armorique ou sur les terres normandes ^

Les chefs des Vénètes donnèrent le signal : ils firent saisir et enchaîner les officiers romains installés chez eux^ et leur exemple fut suivi par les Coriosolites de Corseul et les Esuviens du pays de Séez^. Crassus réclama la liberté de ses hojnmes : ses envoyés furent à leur tour mis aux fers°. Quatre chevaliers et d'autres citoyens de Rome servaient maintenant d'otages aux Gaulois, et répondaient de la vie de leurs parents, laissés aux mains de Crassus.

Les peuples complices se hâtèrent de conclure une alliance fraternelle, jurant de s'aider jusqu'à la mort. l*uis, leurs messages gagnèrent rapidement à la cause de la liberté tous les peuples de la mer, depuis l'embouchure de la Loire jusqu'aux bords de la Seine; dans l'intérieur des terres, les Aulerques de Jublains adhérèrent à la ligue; au delà même des limites habituelles de l'Armorique, elle rallia les Belges de l'Océan,

1. Sirabon rattache direclomenl la révolte des Vénètes à leur crainte de voir César passer en Bretagne (iV, 4, 1); cf. César, III, 8, 1, et IV, 20, i.

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