LE MASSACRE DES USIPÈTES ET TENCTÈRES
îls n'avaient pas h conquérir ceux d'autrui, et qu'il ne permettrait jamais une concession de terres qui ferait tort aux Gaulois*. — Les Celtes et les lielgos qui entouraient César, purent, à-ces l^elies paroles, faire d'étranges réflexions.
Les Germains le prièrent d'arrêter au moins sa marche et de consentir à une trêve de trois jours - : ils promettaient de consacrer ce temps à la recherche d'un domicile en Germanie. Le proconsul ne voulut rien accorder, et continua sa marche^; puis, quand il fut à portée de l'ennemi*, il donna rendez-vous dans son camp à tous les chefs et à tous les anciens de la nation ^
Les deux armées n'étaient plus qu'cà quelques milles de distance ^ Il devenait bien difficile d'éviter une rencontre ^ Une troupe de cavaliers barbares, 800 tout au plus, attaquèrent à l'improviste les 5000 cavaliers gaulois, qui, témoins des pourparlers, croyaient déjà à l'armistice. Il en coûta à ces derniers d'être si mal informés et si peu prudents. La charge des ennemis les mit en désordre : quand ils se ressaisirent pour résister, les Germains, selon leur tactique, avaient mis pied à terre, s'étaient glissés parmi les chevaux, éventraient les bêtes, égorgeaient les hommes renversés. Il périt de cette manière et d'autre 74 cavaliers S et parmi eux quelques-uns des chefs indigènes les plus chers à César'. Le reste des escadrons gaulois, quoique six fois
1. IV, 8, 2 : Neque ullos in Gallia vacare agros, qui dari ... sine injuria possint; Dion, XXXIX, 47, 2. Il leur olîrit des terres chez les Ubiens (IV, 8, 3; 11, 2).