T. I, p. 40, 225-6, 458 et suiv
38 LES ROMAINS DÉTRUISENT L EiMl'IRE ARVERNE.
la gloire du vainqueur', et sur ces antiques chemins que les Grecs avaient animés de leurs légendes et les Celtes de leurs batailles, les traces du passé s'effacèrent sous le lourd piétinement du triomphateur romain -.
1. Elephanlo per Provinciam vectas est, tarba mililum quasi inter sollemnia triumphi proscquentt \ Suétone, Néron, 2. — Sur les attaches que Domitius et ses descendants ont conservées avec les hommes et les pays transalpins, p. 63, n. 4, p. 282, n. 3, p. 581, n. 1. Comme il était assez souvent d'usage à Rome (cf. Cicéron, Divinalio in Cœciliiiin, 20, GG), les vaincus prirent pour patrons héréditaires les chef» conquérants, et l'on vit des Allobroges amis et hôtes de Domitius et de son fils (Gic, ib., 20, 67), et d'autres prendre des Doinitii ou des Fubii pour patrons (p. 63, n. 4, p. 119, n. 4, p. 121, n. 3). — Dans le même ordre d'idées, on s'explique pour- (juoi Jules César, à Rome, ne rencontra jamais de pire adversaire de son proconsulat gaulois que L. Domitius (p. 282, 579, 581), et qu'inversement, lorsqu'il eut à parler de la première conquête, il en attribue la gloire au seul Fabius (1, 45, 2).
2. On me reprochera peut-être d'avoir, dans ce chapitre et dans tout ce volume, trop insisté sur les faits d'ordre militaire. Je m'y suis résolu pour (lillérentes raisons. D'abord, ces faits ont élé l'objet d'un si grand nombre de travaux, (|u'il m'a paru un devoir de rendre hommage aux eiïorts variés de l'érudition moderne. Puis, les renseignements que nous possédons sur la Gaule sont trop peu nombreux pour qu'on puisse en négliger aucun; d'ailleurs, ceux qui concernent les guerres de la conquête se rapportent précisément à la crise décisive de son histoire. Enfin, l'élude des faits militaires, marches, batailles et sièges, et des anecdotes mêmes qui les accompagnent, cette étude, plus que celle des faits sociaux, économiques ou religieux, permet de faire revivre tout à la fois les hommes et la terre, déjuger les facultés des uns et la valeur de l'autre, d'apprécier, ici les qualités ou les défauts de l'àme et du corps chez des chefs et chez des peuples, et là le rùle des routes et des carrefours d'un pays, de ses sommets et de ses rivières, la condition de ses terrains et les services qu'on peut lui demander : car l'état de guerre est peut-être celui où l'homme et le sol doivent rendre le maximum de ce qu'ils peuvent comme intensité et diversité de fonctions, et les examiner à ce moment, c'est le moyen de pénétrer le plus avant dans la connaissance de leur nalure.