Neuf légions et les Gaulois
Mais l'erreur commise trouva aussitôt son châtiment. En conviant les Barbares à cette dévastation, César supprimait les ' règles de la discipline politique qu'il voulait imposer à la Gaule : il rétablissait l'état de brigandage. Et, les passions humaines une fois déchaînées, il était à craindre qu'on ne les tournât contre lui. Un incroyable incident fit mesurera Gésar l'étendue de sa faute.
Du côté du Rhin, il n'avait dirigé aucune légion. Sur ce point, les Éburons étaient voisins des Sicambres. Ils apprirent le pillage et en voulurent leur part* : deux mille cavaliers passèrent le fleuve^, enlevèrent quelques fugitifs et beaucoup de bestiaux % et, comme ils ne virent point de Romains sur leur route, ils poussèrent toujours plus loin, et s'approchèrent, sans le savoir, du camp de.Cicéron*. Un des prisonniers leur révéla ce détail et l'absence de César ^ : « A quoi bon », leur dit-il, « butiner dans la forêt, quand on a devant soi toutes les richesses de l'armée romaine? » Et, guidés par lui, les Sicambres galopèrent vers le quartier général ^
Ce malheureux camp de Tongres, sottement exposé aux abords des Ardennes et au débouché des routes du Rhin, fut donc surpris et attaqué une seconde fois. Cicéron, dit César, s'était ce jour-là départi de la prudence nécessaire^ : cinq cohortes se trouvaient alors dispersées dans la campagne*, il ne restait que