‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 525 sur 776 · LA CONJURATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LA CONJURATION GÉNÉRALE

heureux de ses auxiliaires furent les mille cavaliers qu'il envoya contre les Parthos avec le jeune Crassus ' : et là-bas, au bout du monde, les Gaulois furent superbes d'entrain et de courage^. Autour de César, ils n'avaient pas le cœur à la besogne. Dans leurs cités, lui ou ses hommes s'étaient arrogé le droit déjuger et de condamner, et l'aristocratie des Sénons payait de la mort ou de l'exil le crime d'avoir chassé son tyran ^ : les châtiments que la tradition inlligeait aux usurpateurs*, voilà que le proconsul les retournait contre les amis de la liberté. Et ce supplice d'Accon parut beaucoup plus grave que les méfaits antérieurs ^

Le Gaulois, comme le Grec, relevait de deux patries. Il était un homme de la Gaule, et cette patrie et ce nom représentaient pour lui des choses anciennes et sacrées, le monde conquis autrefois, de victorieuses fraternités d'armes, les poèmes des prêtres, les hymnes des bardes, de grandes assemblées où les foules se réunissaient pour des pensées et des prières communes ^ Mais, autant et plus que la Gaule, un Éduen ou un Arverne aimait sa- nation ou sa cité, aux vieilles lignées connues de tous, aux sources et aux seuils pratiqués dès l'enfance, aux villes pleines d'amitiés, de luttes et d'habitudes, aux lois et aux magistrats que les citoyens faisaient et défaisaient au gré de leurs caprices, comme un enfant détruit et répare ses jouets familiers'. De ces deux patries, beaucoup se résignaient déjà à perdre la première, trop vaste et trop vague, et depuis lono-temps affaiblie par les dissensions entre peuples. Mais c'était à

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