C. JuLLiAN. — riistoiro di la Gaule. III
nelle, de cette fraternité autour des autels, les Suèves sortaient plus unis, plus braves, plus orgueilleux de leur nom.
D'autres liens, d'autres titres unissaient entre elles les nations. Celles de l'Océan et de la Baltique, Cimbres, Teutons et Chauques, s'appelaient les « Ingyévons » '; on donnait le nom d'« Istévons » aux habitants des bordsxiu Rhin■^ et celui d'« Hermions » aux Germains des fleuves du Centre, Chattes, Cliérusques et Suèves ^
Enfin, au-dessus de tous ces noms de tribus, de peuplades et de ligues, ne tardera pas à poindre la pensée d'une patrie germanique. Peut-être cette pensée était-elle une chose ancienne, survivance d'une migration lointaine ou de quelque empire démembré, et les prophètes de la Germanie nouvelle ne feront que réveiller l'écho d'une Germanie disparue, comme l'empire de Bituit l'Arverne n'était que le retour à la Celtique d'Ambigat^ Peut-être cette idée nationale naquit-elle peu à peu des relations entre peuplades, d'ambitions communes, de par- 1ers semblables, et ce fut un désir imprévu plutôt que le souvenir du passé. En tout cas, elle allait prendre force au moment même où la patrie gauloise disparaissait devant la victoire de Rome. Les poètes d'outre Rhin chantaient que leurs peuples et leurs guerriers étaient tous issus d'un même héros, fils d'un dieu et petit-fils de la Terre, ancêtre et créateur de la race^ ger-
(la Werra? Tac, A., XIII, 57; cf. Zeuss, p. 97-8), la silva Ilerculis chez les Chérusques et tribus du Weser frac, A., II, 12), peut-être Iléligoland (t. 1, p. 421,. D. 1).
1. Pline, IV, 99; les inss. ont Ingyœvones; cf. Tac, G., 2 : Iiujxvoncs ou Ingucnoni's. Le nom serait ancien si Pytliéas l'a drjii trouvé à l'onibouchure de l'Hlbo (Pliiu', IV, 96 : Inguœoncs; cf. t. I, p. 421, n. 3).