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VEnCINGKTOIllX, CHEF DR TOUTE LA GAULE. 487
du travail maïuiel, la résignation à une guerre obscure do manœuvres et de fatigues » ; il les disposa pour la victoire avant de leur permettre de la chercher. En même temps, pour le jour où il l'obtiendrait dans les combats, il se prépara les concours qui devaient la rendre utile à toute la Gaulée C'est pourquoi sa victoire de Gergovie fut la conclusion nécessaire d'un semestre d'efforts, et entraîna la conséquence inévitable de l'universelle liberté. Cette œuvre de six mois s'était développée, logique et continue, dans une magnifique ordonnance.
Mais Yercingétorix fut autre chose qu'un habile conducteur d'hommes. 11 n'ignora aucune des nobles passions qui agitaient les Gaulois. Si différent qu'il parût de tous ses concitoyens, il leur ressembla parfois étrangement. On retrouve chez lui leur imagination ardente et impétueuse, leur amour delà parole et de la gloire, leurs songes d'ambitions et de conquêtes '. Mais, si du moins la lecture de César ne nous égare pas, il mit tous ses dons et toutes ses fantaisies au service de l'idéal supérieur d'une grande patrie gauloise. Il aima vraiment cette patrie; il la revit en pensée, libre, unie et puissante, comme au temps d'Ambigat le héros biturige, de Luern et de Bituit les rois arvernes, et de son père Celtill*. Et même, qu'il ait été inspiré par les leçons des druides ou p.ar les hymnes des bardes, il rêva parfois pour cette patrie ce que les poètes racontaient, de victorieuses chevauchées vers les horizons lointains ^ Sa naissance, son œuvre, ses rêves, tout faisait de lui le champion providentiel de la Gaule ressuscitée.
. Lorsque les Gaulois furent réunis sur le mont Beuvray, les suffrages de tous allèrent à lui. On avait laissé à la multitude
1. Pour tout cela, voyez surtout p. 421 et suiv., 438 et suiv., 444 et suiv., 453 et suiv., 459-460, 467 et suiv., 472, 478 et suiv.
4. Cf. VII, 14, 10; 20, 7 (p. 446-7); 29, 6 (p. 454-5); p. 493; VII, 89, 1 (p. 531).