Cf. l. I, p. 3(il-2, t. Il, p. SS-l
LES CIMBHlvS KT LKS TKIJTONS. 55
tenait h des voyantes, qui égorf^eaient les victimes humaines et prédisaient l'avenir'. Point d'idoles : un vase pour les sacrifices-, un taureau de bronze pour les serments'. Leurs dieux étaient avec eux et les suivaient, sans qu'ils eussent besoin de les enfermer dans un temple ou dans une image.
Mais ce n'étaient point, tant s'en faut ! des brutes et des sauvages. On voyait chez eux de vastes lieux de refuge et le goût de se bâtir des villes*. Ils ne dédaignaient pas l'agriculture, la vie de la terre les attirait ^ et ils se montraient entendus dans les choses de l'industrie et du commerce ^ Gomme les Gaulois', ils avaient la passion des belles armes, aux couleurs voyantes, au métal éclatant, aux ornements magnifiques : cuirasses de fer, boucliers peints en blanc, casques surmontés de mufles et de panaches ^ Ils savaient obéir à leurs chefs, respecter la parole donnée, rendre justice même à un ennemi, s'astreindre à la discipline et montrer une décision réfléchie ".
Les Anciens ont vu en eux de simples bandits, et le nom même de Cimbres a fini par signifier brigands et voleurs'". En réalité, c'était une nation fugitive, qui cherchait partout des terres et des foyers. Si elle dut quitter son pays, ce fut contrainte par des malheurs sans nom.