‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 678 sur 776 · XI. — VERCINGKTORIX SE REND A CHSAR · texte numérisé non relu

XI. — VERCINGKTORIX SE REND A CHSAR

Vercingvtorix n'avait encore connu que les journées de lutte et de victoire : il s'y était révélé «un chef de premier ordre, à l'intelligence précise, à la décision rapide, à l'imagination entraînante. Il restait à savoir de quelle trempe était son âme : l'heure de la défaite le montrerait.

Jeune, vigoureux, sans blessure, il pouvait fuir au travers des lignes de César, rejoindre ses amis du dehors, Drappès etLucter, recommencer avec eux une guerre de partisans ' : mais il ne songea pas à abandonner ses soldats. — Il pouvait, à leur tête, essayer un dernier effort, sinon pour s'échapper ensemble, du moins pour chercher une mort commune- : mais il ne voulut pas briser sans profit tant d'existences. — Et il se résolut à rester, et à tâcher de sauver les siens.

Le plus sûr moyen de leur épargner la mort, était qu'il s'offrît à César en victime expiatoire ^ Son sacrifice suffirait peut-être à la vengeance du peuple romain. Dans la nuit même qui suivit le désastre, il envisagea son nouveau destin, et il l'accepta sans regrets

Le matin, il convoqua une dernière fois l'assemblée des chefs, et leur fit part de sa décision ^. — Il avait voulu la guerre par amour de la liberté de tous, et non pour lé pouvoir ou la gloire ^ La Fortune avait prononcé contre la Gaule' : il était prêt à mourir afin de sauver l'armée. Que les chefs fissent de

1. Dion, XL, 41, 1 : 'E3vvr|9y) ^aîv èxpuysiv, etc. : j'ai peine à croire que ce soit iiae simple réflexion de Dion. Il n'est pas impossible que Lucter se soit enfui seulement alors d'Alésia (cf. Hirtius, VIII, 34, 1).

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