GAMPAGN'KS DE L OL'EST
l.'uno a[)n's l'autre, devant les légions menaçantes, les peuplades se soumirent. Les Carnutes eux-mêmes envoyèrent les otages qu'ils avaient refusés à César pendant le dernier hiver'; les Andes abandonnèrent Dumnac, qui s'enfuit plus loin^; et les Armoricains à leur tour, cédant à l'exemple des Carnutes, firent acte de sujétion \ Mais si Dumnac avait été mauvais général, il fut patriote irréconciliable; de retraite en retraite, toujours caché et toujours errant, il gagna les régions les plus lointaines, et resta libre dans sa solitude à la fm des terres gauloises ^ (juin?).
Drappès et Lucter, sans armée, n'ayant autour d'eux que deux à trois mille fugitifs ^ montrèrent plus de hardiesse que devant Poitiers. Livrés à eux-mêmes, pouvant donner carrière à leur nature entreprenante, stimulés encore par la défaite, ils rêvèrent l'acte le plus audacieux de cette campagne. Subitement, on apprit qu'ils étaient partis pour envahir la Province. De la Loire à la Garonne (de Saumur à Toulouse?), par les routes connues de la montagne, les deux audacieux compagnons conduisirent leur bande au pillage des terres romaines®.
Mais Caninius, inquiet, courut après eux avec ses deux légions'. Les Gaulois craignirent d'être pris entre elles et les cohortes de la Province % et comme, sur leur route, ils rencon-
Orléans (m Carnutes, 31, 1), de là revenir contre les Andes et l'Armorique? (31, 4 et 5).
3. VIII, 31, 4. Fabius a dû suivre la route d'Orléans, Angers, Nantes?
4. Errans latitansque, solus extremas Gallix regiones petere, 31, 5 : dans le Finistère?
5. 30, 1 (2000, d'après les mss. p ; 2500 ou 5000, d'après a).
6. VIII, 30, 1 ; 32, 1 : Provinciam petere : par Limoges et son gué, Brive et son pont, le puy d'issolu et de là vers le Midi (cf. t. II, p. 500, n. 1)? — A cette fuite se rattache peut-être le trésor de Gompreignac, enfoui vers cette date (Blanchet, n" 268).
trèrent Uxellodunum (le puy dissolu?) ', la ville forte cliente de Lucter, ils s'y arrêtèrent pour la suprême résistance.
1. Uxellodunum étant sur une montagne isolée (cf. p. 557, n. 1 et 3), et dans le pays des Cadurques (p. 558, n. 7), ancien Quercy ou département du Lot de 1789 à 1808, et les montagnes isolées étant assez rares dans le Quercy, pays de plateaux et de terrasses, le choix de l'emplacement se borne à quelques localités, entre lesquelles le conflit dure, je crois, depuis le Moyen Age. — 1. Luzech a pour lui : 1° il est bien dans une boucle de rivière, comme semblent l'indiciuer deux textes d'Hirlius (p. 561, n. 2 et 4); 2° l'isthme qui le réunit à la terre ferme a bien la largeur, 300' pieds, indiquée par un de ces deux textes (p. 561, n. 4). 11 a contre lui : 1° il est en dehors de la route de Toulouse, suivie par Lucter (p. 555); 2° il est vraiment bien peu étendu (je parle de la hauteur formant citadelle), tout au plus 8 hectares, et la plate-forme elle-même n'a que 40 mètres sur 10; 3° il eût été facile de le bloquer et de le fermer dès le premier jour (cf. p. 557-8); 4°je ne vois pas le chemin du convoi (p. 558, n. 8); 5° ni la source (p. 501-2); 6" il est trop peu élevé, 177 m., le bas à 103 (cf. p. 557, n. 1 et 3); 7° je ne vois pas les rochers à pic entourant omnes partes (p. 557, n. 1). Voyez en particulier les articles de Gallolti contre Luzech, dans la Revue d'Aquitaine, X, Condom, 1866, p. 5 et suiv., p. 177 et suiv. — 11. Capdenac a pour lui : 1° il est sur la roule de Toulouse (p. 555); 2° c'est bien un oppidum de boucle, surtout si on songe à Vie (textes de la p. 561, n. 2 et 4). Contre lui : 1° il eût été facile de le bloquer dès le premier jour (p. 557-8); 2" il eût été très facile de s'en emparer par un agger bàli, à la hauteur des murs, sur la croupe d'accès (comme à Namur, p. 272); 3° le chiffre du texte controversé d'Hirtius (p. 561, "n. 4) ne peut s'appliquer au seuil d'accès. — III. Le puy d'issolu, près Vayrac, a pour lui : 1° le nom, si du moins Exeledunam dans les chartes (cf. plus loin) est une survivance et non pas une adaptation du Moyen Age; 2° la découverte des galeries (p. 562, n. 7), 3° de retranchements gaulois sur le plateau (voir Castagne, Mém., p. 14 et suiv., p. 61 et suiv.); 4° l'exacte correspondance de son aspect, roches, etc., à la description d'Hirtius (p. 557); 5° l'exacte correspondance du pays au récit d'Hirtius, en ce qui concerne les sentiers du convoi et la bataille contre Drappcs (p. 558-9), 6° et la source; 7° de même, en ce qui concerne les travaux d'investissement (p. 558, n. 1); 8° sa situation sur la route de Toulouse (p. 555). Il a contre lui les deux passages d'Hirtius (notes 2 et 4 de la p. 561) sur le circuitus Jluminis. — On l'a proposé dès le .Moyen Age (que les chartes soient fausses ou non : Justel, Hist. généal. de la Maison de Turenne, 1645, Preuves, p. 16; Baluze, Hisloriœ Tulclcnsis libri, 1717, c. 331-2). Depuis : Joseph Scaliger, éd. de César, 1628; Labbe, Pharus, p. 188; de Vayrac, Mercure de France, août 1725, p. 1699 et suiv.; d'Anville, Notice, p. 728; Uiai, Uxellodunum, 1859 (extrait des Mém. de la Soc. d'Émul. du dép. du Doubs, III' s., III); Bertrandy, Première lettre, Cahors, 1865, Deuxième, id., Troisième, 1866; de Larouverade, Éludes sur le Bas-Limousin, 2* fasc, 1861, Tulle, p. 73 et suiv.. famizey de Larroque, Dr la question, etc., Pevue d'Aquitaine, IX, 1865; Périé, Hist. ... du Quercy, 1, 1861, p. 63, et Lettre sur Uxellodunum, Cahors, 1863; Cessac, entre autres : 1° Et. hist., Uxellodunum, Aperçus critiques, 1862; 2° Notes complémentaires sur Uxellodunum, 1862; 3° Un dernier mot, etc., 1803; 4° Et. hist., etc., Observations, 1863; Castagne, Mémoire sur les ouvrages de fortification, etc., Tours, 1875 (Congrès arch. de Toulouse), et ailleurs; Napoléon 111, p. 386 et suiv.; Rite Holmes, p. 493etsuiv.; Viré : lcLo/,1907, p. 41, 85 et 187; 2° /nyanfaire, etc., LeMans, 1908 (Soc. préhisl. de France, V), p. 14-15. — Capdenac, dès la fin du Moyen Age (Cliampollion-Figeac, p. 110 et suiv., charte fausse d'ailleurs), au xvi" siècle (de Yigenere, p. 659y, et depuis : Dupleix, p. 214; de Guylus, Recueil, V, 1762, p. 277