‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 733 sur 776 · Cf. p. 310 et · texte numérisé non relu

Cf. p. 310 et

5. Ilirtius, 49, 3 ; Honorifice ciultales appellnndo; Suét., C, 2."), 1 : Prxter sodas ac bene méritas ciuitates. Il n'y a pas de doute (ju'il ne s'agisse des Rèrniîs, dos Eduens, et aussi, je crois, des Lingons (cf. p. 228, 480; Pline, IV, 100 et 107). — Nous reviendrons là-dessus t. IV.

0. Cf. Ilirtius, 54, 5 : /Edui, quorum aucloritas sumtnti essi-t; cf. [). 244 et 277. 7. Cf. p. 95.

LA GAULE RÉDUITU; KN PHOVINCK. 571

toutes les nations, libres et tributaires, conservèrent leur nom, leurs limites, leurs forteresses et leurs lois'. Il n'y eut pas, que je sache, une seule transplantation de tribu et un seul déplacement de bourp^ade-. La vie intérieure dos peuples, vie politique, morale et religieuse, parut continuer comme par le passé. Ils ne perdirent que le droit de s'allier et de se battre, la libre disposition de leurs armes et de leurs guerriers ^

La réduction d'un pays en province comportait le paiement d'un tribut et l'envoi d'un contingent militaire. César fixa à quarante millions de sesterces (dix millions de francs) le tribut de la Gaule qu'il avait conquise*. C'était assurément peu de chose'. Mais il voyait la misère actuelle de la Gaule. Il avait pris d'avance, on peut le dire, le tribut possible de plusieurs années. Et en ce moment, il avait besoin d'hommes plutôt que d'argent.

Ce sont des contributions en hommes qu'il exigea surtout des cités de la Gaule, y compris les cités libres ^ Chaque année, ses ofiiciers feront désormais appel à la jeunesse gauloise, chefs et

1. Cela résulte, évidemment, de l'histoire administrative de la Gaule sous Auguste. Cf. t. IV.

2. La seule modiflcation fut sans doute la suppression du nom des Éhurons, peut-être aussi de celui des Aduatiques, que nous ne retrouverons plus après 51 ; César voulut ut... stirps ac nomen civilalis loUatur (VI, 34, 8; cf. VIII, 24, 4). Mais le pays demeura toujours à des Belgo-Germains (comparez Tac, G., 2, à César, II, 4, 10).

3. Cf. Tac, H., IV, 74; Slrabon, IV, 1, 5. 11 est bien probable, à voir le soin avec lequel César s'est toujours fait livrer les armes en cas de reddition (II, 32, 4; Vil, 11,2; 12, 4; 80, 3), qu'il y eut, non pas un désarmement général (cf. p. 96, n. 5), en tout cas l'interdiction de garder des depuis d'armes et d'en fabriquer, du moins dans les cités qu'il avait dû combattre; cf. Strabon, IV, 1, 2; Reinach, Cultes, III, p. 182 et suiv.

4. Suétone, C, 2G, 1 : Eique \CCCC\ in singulos annos stipendii nomine imposait : je prends le chiffre du ms. du Vatican 1904; il a été effacé dans le ms. de Paris lat. 6115, mais la place laissée libre paraît celle de quatre lettres, et il n^'a semblé apercevoir les traces des trois barres d'encadrement; les autres mss. omettent le chiffre. Celui de 400000 (sestertium) est conlirmé par Eutrope, qui se sert de la même source que Suétone : Galliœ autem tributi nomine annuum imperavit sestertium quadringenlies (VI, 17 [14]). Cf. çôiwv iTzi-ziita:, Dion, XL, 43, 3.

5. Ce qui explique nulla onera injuiigendo, 49, 3 (à remarquer que les mss. (5 ajoutent nova à onera) : il serait du reste possible que la levée du tribut ait été différée de quelques années.

6. Cf., il est vrai avant 50, VIII, 11. 2; 12. 3-6 (Rèmes et Lingons).

guerriers. C'est elle qui lui fournira, comme au temps de Diviciacet deDumnorix', le meilleur de sa cavalerie auxiliaire ^ et il lui demandera aussi de ces fantassins ligures ou aquitains dont il avait reconnu l'excellence ^ et de ces archers rutènes * que Vercingétorix avait su former à la grande guerre ^ C'est par milliers, au début de chaque campagne, que les soldats gaulois passeront les Alpes ou les P^^énées pour aller rejoindre César sur tous les champs de bataille du monde ^ Il eut, dit-on, jusqu'à 10 000 cavaliers celtes sous ses ordres \ presque autant qu'en avait commandé son rival de Gergovie\

C'était, après tout, le genre d'impôt que les Gaulois préféraient. A peine peut-on dire que ce fût un impôt pour eux®. La guerre demeurait leur joie. Au lieu de se battre entre eux contre Rome, ils se battront pour César contre d'autres Romains. Le proconsul les emmenait à la fois comme soldats et comme otages; il s'assurait d'utiles auxiliaires, et il privait la Gaule de ses défenseurs *".

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