‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 81 sur 776 · Justin, l. c · texte numérisé non relu

Justin, l. c

5. Ce qui me fait croire à la réunion de tous les Barbares au moment de la bataille d'Orange, c'est : 1° l'importance exceptionnelle de l'armée concentrée par les Romains (trois corps); 2" l'étendue de la victoire; 3° la participation des Ambrons à la bataille (p. 67, n. 11), lesquels paraissent les compagnons ordinaires des Teutons (p. 83 et suiv.); 4° le texte formel d'Orose, V, lô, 1 : Cimbros et Teutonas et Tigurinos et Ambronas, Gallorum Germanorumque gentes, quœ tune ut imperium Eomanuin exlinguereiit conspiraverant. Voyez, p. 68, n. 3, les textes qui donnent des indications diiïérentes.

66 LES CIMBllES ET LES TEUTONS.

la Barbarie s'était enfin conjurée contre le nom latin *, et un demi-million d'hommes^ se déversa vers le Sud

Rome avait envoyé au delà des Alpes toutes ses forces disponibles, 80 000 hommes, dit-on^ sous la conduite du consul Cnéius Mallius Maximus* et de Cépion, demeuré en Gaule comme proconsul. C'était plus de soldats' qu'il n'en fallait pour se délivrer des Barbares. Mais les chefs, d'ailleurs sans cesse en querelle ^ étaient vulgaires, médiocres, orgueilleux, cupides et téméraires". J'imagine que l'armée ne valait pas mieux'. Mais, des deux bons généraux de Rome, Métellus était en disgrâce, et Marins en finissait avec Jugurtha.

En première ligne (vers Vienne?) se tenait un corps d'avantgarde, commandé par un légat de rang consulaire, Marcus Aurélius Scaurus\ Plus au sud, les deux chefs s'étaient partagé la Province, et Mallius à l'est, Cépion à l'ouest du Rhône, attendaient l'ennemi chacun avec ses légions ^

Les liarbares, d'un seul coup, se débarrassèrent de Scaurus, lui battirent son armée et le firent prisonnier. On raconte que le légat montra dans son malheur une superbe toute romaine : introduit dans le conseil des rois, il leur déclara qu'ils pouvaient renoncer à l'Italie, et que Rome était invincible. Un roi cimbre, saisi de colère, le tua là-dessus'", et les coalisés s'apprêtèrent à donner un nouveau démenti à la parole du sénateur.

Page 1