III. — LES DEUX CAMPAGNES DE PROVENCE
Depuis la guerre d'Hannibal ', l'Occident n'avait point \u de lutte plus grave. D'un côté, le peuple romain, souverain incontesté des contrées de la mer Intérieure \ De l'autre, le seul grand empire qu'aient pu fonder des Barbares, et cet Empire arverne, le plus puissant des Etats gaulois de l'Europe, et comme le champion de ce nom celtique contre lequel Rome avait protégé le monde méditerranéen ^ . En franchissant les Alpes, les légions allaient poursuivre sur la terre gauloise » même, et dans le berceau de la race, la revanche de l'Allia, du Capitole et de Delphes. Et leur victoire signifierait que les Barbares du Couchant et du Nord auraient désormais à compter, comme autrefois les villes et les royaumes du Midi et du Levant, avec la volonté du peuple romain.
Toutefois, la lutte ne prit point dabord ce caractère de grandeur et de solennité. Rome ne provoqua pas tout de suite les Arvernes, ellç limita son action aux terres les plus voisines de