LA CONQUÊTE DU DANUBE
(comme on les appela') formèrent une vaste zone de raccord, unissant leurs terres en un seul domaine : ce que la Gaule avait fait pour l'Occident seulement de l'Empire'. De belles voies lurent construites, longeant le fleuve ou ses affluents, partant du Rhin pour finir au Bosphore, joignant par un même trait Lyon, Bâle, Ratisbonne, Vienne, Belgrade et Byzance^ Le Danube redevint, comme au temps des Celtes, un grand chemin marchant à travers des peuples amis. Pour le défendre contre les Barbares, il fallut une armée nouvelle, aussi forte que celle du Rhin \ Rome la créa en partie à l'aide des éléments que le pays lui offrit, indigènes d'Illyrie ' encore plus robustes et plus fidèles que des Ciaulois''. Cette armée et la région sur laquelle elle s'appuyait, étant voisines de l'Italie, éloignées des grandes villes de l'Orient, ne pouvaient s'imprégner que d'habitudes latines'. L'une et l'autre augmenteront dans le monde la part des choses romaines; elles obligeront l'Occident et l'Orient à se réunir et à s'entendre; elles deviendront les forces les plus utiles à l'unité et à la grandeur de l'Empire '.