GERMANICUS
parents machinaient contre lai au profit de l'empereur'. La Germanie d'Arminius, pareille à la Gaule de Vercingétorix, ofTrit ce spectacle, banal dans le monde antique, de nations en qui les jalousies de voisinage demeurent plus fortes que les devoirs collectifs.
Les temps n'étaient donc point venus ni de la défaite pour l'Empire romain ni de l'unité pour la Germanie. La seule chose que celle-ci eût reconquise dans ses marécages, c'était le droit de vivre à sa guise, en demi-sauvage et au bruit des disputes.
Auguste, au contraire, tira du désastre une dernière leçon de sagesse. Son empire en sûreté derrière le Rhin et le Danube, jugeant sans doute que les dieux avaient marqué ces frontières et condamné toute nouvelle conquête, le vieil empereur défendit à ses légats de les franchir-; et le suprême conseil qu'il laissa à son successeur avant de mourir, fut celui de ne plus agrandir l'Empire (14)'.