‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 162 sur 792 · LES PROVINCES ROMAINES DE GERMANIE · texte numérisé non relu

LES PROVINCES ROMAINES DE GERMANIE

niques '. L'Empire pardait pieusement les lieux qui avaient été jadis les premiers relais sur les chemins de la conquête.

Au sud du Mein. la frontière était moins protégée. Jusqu'à Bàle et peut-être jusqu'au lac de Constance, il n'y avait de camps et de forteresses que sur la rive gauche, à Strasbourg-, à Augst\ à Windisch\ L'autre rive appartenait toute aux Barbares, qui étaient des Suèves de l'ancien empire d'Arioviste .

Ces Suèves, qui occupaient le pays de Bade, la Franconie et la Souabe, venaient s'insérer comme un coin dans la frontière romaine, couper la ligne du Rhin d'avec celle du Danube, s'interposant, de Mayence à Bàle et de Bàle à Ratisbonne, entre les provinces de Gaule et celles d'Illyrie. Et comme, face à cet ano:le de Bàle, c'est, en France, la trouée de Belfort, il peut y avoir là, le jour où les Barbares auront de l'audace ou de la chance, le pire des dangers sur la frontière germanique. Mais ni Auguste ni Tibère ne semblent s'en être inquiétés^

Au dedans de ces limites, le peuple romain montrait en première ligne, comme terres d'Empire, les territoires des peuplades germaniques soumises à ses lois". Sauf les Trévires,

1. Cf. p. 110. n. 2; Tac, Ann.. I. 5G: peut-ùtn- I, 38 (lire Chattis7).

2. Argentorale : en supposant que la IP léfrion y ait eu son camp dès Tibère (p. 136. u. 2). On peut supposer que la 11^ a été précédée à Strasbourg par Valu Petriana {Année ép'ujr.. 1907, n" 77; Forrer, Anzeiger d"Alsace, 1913-4 [à paraître"). — Le choix de Strasbourg s'explique parce que c'est là que la route du col de Saverne débouche sur le Rhin, et que, sur l'autre rive, commence la route par la Kinzig vers le Danube.

4. Vindonissa : en supposant que la XIII" y ait eu son camp dès Tibère (p. 136, n. 2). — Le choix de Windisch s'explirjue parce (jue là convergent vers TAar toutes les routes des lacs suisses, et parce que. de l'autre côté du Rhin, part la route du Danube par la Wutach. Il est possilde que, dès ce temps, cette route ait été amorcée par les Romains, le nom de Julioma<jus, au delà du Rhin p. 87. n. 4), indiquant peut-être une fondation des premiers Césars.

o. Tac, Ann., I, 44; ici, p. 103 et lûo. Leur centre le plus voisin du Rhin parait avoir été Lopodunum, Lndenburg, sur le bas Neckar, entre lleidelberg et Mannheim (C. /. L., Xill, II, p. 2.30-1: cf. ici. t. 111. p. 147-8).

0. Je crois (jue c'est pour les deux motifs suivants : ces Suèves étaient alors peu redoulabies (p. 144, 401, 462,i; le Rhin, de Râle à .Mannlieim, est, par ses méandres et ses marécages, un ol)Slacle fort difllcilo à frani'hir.

134 DRUSUS, GERMANICLS. AHMINIUS.

qui descendaient la IVJoselle jusqu'au confluent de Coblentz', il n y avait point de nation gauloise qui fût en bordure sur Tennemi. On n'eut jamais à se plaindre de ces dermains de la rive gauche-, autrefois transplantés du bord ultérieur: d'ailleurs, les garnisons étaient toutes sur leur territoire. Aucune ne fut imposée à la Gaule ^ : ce qui dut lui paraître une preuve de liberté. La présence des légions n'incombait qu'à des terres de Germanie.

De ces peuplades riveraines, la plus considérée demeurait celle des L biens. Son rôle avait singulièrement grandi depuis un demi-siècle qu'elle était entrée dans l'Empire *. Les gloires et les misères de la frontière lui apportèrent également du profit. Au temps où la Germanie romaine s'étendit jusqu'au Weser, la ville principale de ce peuple, la future Cologne, fut désignée pour être la cité sainte de la province et en recevoir l'autel ^ Quand la frontière eut reculé jusqu'au Rhin, un grand camp légionnaire y fut bâti à côté de l'autel % et Germanicus aima ce séjour". Que ce fût comme sanctuaire de Barbares ou comme résidence de léo:ats consulaires, Cologne ne cessait de croître, et devenait sur le Rhin la cité souveraine ^

1. Encore je crois que Ton finit par détacher des Trévires (après Auguste: cf. Strabon, IV. 3, 4: et ici, p. 104, n. 3) la bande de terre (futurs pays de Bonn, Mayeu et Boppard) qui allait i" du Rhin à Bchjica, Billig, sur la route de Bonn ip. 104, n. 3), 2" du Rhin à Belginum. Stunipfer Thurm?. sur la route de Mayence (C. /. L., XIII. Il, p. 300), si bien que 3" sur la Moselle leur territoire s'arrêtait en aval de Neumagen (Ausone, Moselle, 10).

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