LES ARMEES ROMAINES DU RHIN
recrues des provinces : César avait fait souvent appel aux Gaulois de la Xarbonnaise ^; Tibère s'adressa aussi aux Belges et aux Celtes de la Gaule Chevelue, et quelques-uns d'entre eux vinrent servir dans les vieilles légions à côté des Romains d'Italie-.
Un désir fréquent des Etats modernes est d'éloigner le soldat de son pa3's d'origine. La chose fut, d'abord, indifférente à l'Empire. Il trouva plus avantageux de A-erser les conscrits gaulois dans les légions du Rhin, auprès desquelles ils retrouvaient leurs compatriotes des troupes auxiliaires ^ Du jour où les empereurs renoncèrent aux grandes conquêtes, où ils fixèrent leurs troupes sur les bords du fleuve, ils furent amenés à renforcer les éléments transalpins de l'armée occidentale. Celle-ci, par son origine, son rôle, sa situation, va penser à la Gaule plus naturellement qu'à l'Italie et qu'à Rome.
On devine le danger qui peut en résulter pour l'Empire. Que la Gaule se révolte : les soldats de la frontière seront tentés de faire cause commune avec leurs frères de l'intérieur, et c'est l'armée impériale du Rhin qui procurera peut-être aux peuples insurgés les premiers éléments d'une force nationale. Après avoir protégé l'Empire contre les Gaulois, elle pourra, le jour venu, se retourner contre lui au nom des Gaulois eux-mêmes''.
Les chefs de lÉtat romain ont bien vu ce danger. Afin de