‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 170 sur 792 · Ici, p. 201, 205 et s · texte numérisé non relu

Ici, p. 201, 205 et s

l'éviter, ils ont multiplié dans la vie des armées les formules et les actes qui les rattachaient directement à César. Le prince, comme imperator, était leur chef unique, souverain et perpétuel'. Son image fut dressée dans les sanctuaires des camps, à côté des aigles, des enseignes et dés dieux-. Il était, pour un soldat, celui auquel on se dévoue. A l'avènement de Tibère ou de tout nouvel empereur, les troupes prêtèrent serment sur son nom, et ce serment était ensuite renouvelé à chaque occasion solennelle \ L'armée et V imperator paraissaient unis de façon indissoluble, et former une seule cité, en armes, avec des dieux au milieu d'elle *.

Cette cité s'imprégnait sans cesse de vie commune, qui était d'allure romaine. La langue officielle et exclusive y fut le latine C'étaient les dieux de Rome qui présidaient à ses actes''. Les chefs, même petits-fils de rois celtes ou germains, portaient toujours le titre de citoyens romains'; et les soldats, après les années de service, recevaient ce même titre, comme les légionnaires l'avaient reçu avant d'entrer dans les rangs ^ Le passage par l'armée, sous quelque nom que ce fût, suffisait à rendre digne du droit de cité, à faire perdre le nom gaulois.

Mais si les soldats indigènes arrivaient ainsi, plus ou moins vite, à oublier leur patrie de naissance, un autre danger, plus grave que celui d'une révolte nationale, grandissait aussitôt dans l'armée du Rhin : c'est qu'elle oubliât ensuite Rome et l'Empire pour ne songer qu'à elle-même. Un soldat romain ne connaissait que de nom Rome et le prince. Il restait au service

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