LA DISLOCATION DE LA GERMANIE INDEPENDANTE
et la Moselle ^ Les routes qui bordaient la rive gauche du Rhin, celles qu'Agrippa fît partir de Lyon, furent sans doute des ouvrages de soldats-. Des postes militaires étaient chargés de la police intérieure '''. Beaucoup de sous-officiers entraient dans les bureaux ou recevaient des missions de confiance, dans l'Empire ou chez les Barbares même '. Pour éviter le danger des agglomérations militaires, on multiplia les camps et les redoutes sur la frontière ' : ce qui permit de la mieux surveiller, et, dans chacun d'eux, de donner plus à faire aux hommes. Si les Barbares devenaient trop pressants ou les hommes trop désœuvrés, les chefs décidaient quelque coup de force au delà du fleuve, razzia plutôt que campagne, et les troupes revenaient avec leur charge de butin et leur convoi d'esclaves". Ces grandes armées permanentes, dans le long intervalle des conquêtes devenues trop rares, étaient d'immenses réservoirs d'hommes, oii l'Empire puisait les ouvriers de toutes les tâches publiques, des terrassiers un jour, un autre des gens de police. Peu importait que les soldats se sentissent parfois humiliés par ces besognes, comme le disaient leurs orateurs de chambrées. L'essentiel était qu'ils ne connussent point l'oisiveté, cause de tous les maux'.