Ne segnein militem ailinerent; Tac, Ann., XIII
côté des (lermairis. L'indifférence qu'elle leur témoignait leur faisait plus de mal que ne leur en avaient fait les menaces de Drusus et de Germanicus'. LÎATés à eux-mêmes, ils ont perdu les nobles sentiments qu'a suscités la haine du conquérant. Les derniers jours d'Arminius se consumaient dans des luttes avilissantes contre les chefs de son entourage et de sa parenté, excités par des intrigues romaines-. Il finit par mourir sous leurs coups, à moins de quarante ans (19 ap. J.-C.)^ Et l'histoire de la Germanie, pendant les siècles qui vont suivre, ressemblera à la fin de son héros.
Le mouvement qui rapprochait les tribus et les groupait en nation", s'est arrêté partout. Chauques. Chattes, Bructères, Hermundures ou Chérusques, demeurent toujours comme noms de peuplades, mais à chaque génération ces noms représentent des réalités moins fortes ^ Celui des Sicambres, si glorieux au temps de César, vient de disparaître de la rive droite*^. Les Suèves de Franconie et de Souabe ont perdu l'allure conquérante qu'ils avaient eue au temps d'Arioviste, et ne savent tirer aucun profit des négligences commises par les empereurs sur la frontière qui leur fait face '. Marbod lui-même, après des velléités d'un grand empire sur l'Elbe et l'Oder, fut à la fin rejeté en Bohême "\ et, trahi alors par ceux qui l'entouraient, il fut réduit à implorer de Tibère un asile dans l'Empire romain, l'année même où mourut Arminius ".
Ces querelles s'accompagnaient de prodigieux carnages. Une
1. Discessu Romanoruin ac vacui cxterno meta ijcnlis adsuetudint'... arma in se verle- /•u/i(; Tac, Ann., II, 44: ce ([u'avait prédit Tibéi'i', internis discordiis reliiitiiii, 11, 26 .