‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 182 sur 792 · RAPPORTS DE ROME AVEC LA GERMANIE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE ROME AVEC LA GERMANIE

faire bien plus que d'atteindre le g'olfe de Dantzig. D'humbles Grecs de l'Ionie y étaient déjà arrivés, plus de six siècles avant Tibère '. Le Marseillais Pythéas, avec un seul navire et quelques hommes d'équipage , avait accompli des traites autrement longues que celles des trafiquants italiens ; et sa course maritime de deux mille lieues, du golfe du Lion au cercle Polaire -, passait de beaucoup les petites équipées de la flotte romaine entre le Rhin et l'Elbe \ Quand on compare ces choses, on a l'impression que l'Empire romain, malgré sa majesté et sa force, représente un monde finissant, à court de souffle et d'audace*.

De ces deux faits, une Rome timorée et une Barbarie anarchique, il résulta ceci d'extraordinaire, que la Germanie, en contact sur quatre cents lieues avec l'énorme Empire, fut moins influencée par lui que la Gaule de Bituit ne l'avait été par la seule v'ile de Marseille \ Les monnaies impériales se répandirent jusque sur les bords de la Baltique '^ : mais les Germains ne frappèrent point de pièces sur ces modèles ". Ils ne changèrent point la forme de leurs armes \ ils ne copièrent point les images des dieux du Midi% et ils s'obstinèrent à ignorer l'écriture '". Leurs forêts et leurs mines demeuraient vierges ",

1. Aristée de Proconnèse ou ceux dont il s'est servi, par la voie du Dniester et de la Vistule; Hérodote, IV. 1.3.

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