Tac, Germ
aucune capitale germanique ne se bâtissait' sur les vestiges des cités qu'avaient jadis construites les Gaulois de Ségovèse -. Un siècle et demi ajMvs le passage du Rhin par César, l'historien Tacite admirait encore dans la Germanie un chaos de peuples et de terres sauvages ^
Peut-être, de ces deux mondes, est-ce le monde romain qui se laisse déjà le plus pénétrer par l'autre. Un soldat légionnaire ou un trafiquant italien n'avaient pas la distinction native, la souplesse élégante d'un Ulysse ou d'un Pythéas : rudes, avides, ne voyant que la force et le gain, demeurés les mêmes depuis les temps de Marius et de Sylla, ils se mirent assez vite à l'unisson avec les Barbares de la frontière. Les mœurs et les pratiques de ces derniers gagnèrent peu à peu les catnps et les marchés du Rhin : on y emprunte des expressions aux parlers indigènes * ; des coutumes militaires venues de Germanie sont acceptées des légionnaires \ A Cologne ou à Mayence, les Bataves, qui forment la moindre partie des auxiliaires, sont les plus remuants de tous et donnent le ton dans les heures de tumulte ^ Comme, d'ailleurs, ils se battent fort bien ', on préfère déjà leurs services à ceux des Gaulois. Les empereurs n'admettent pas encore en qualité de soldats les Germains des terres indépendantes : mais ils enrôlent tous ceux qu'ils peuvent des Germains soumis à l'Empire ^ César avait donné l'exemple', et tous ses héritiers s'y