CONQUKTE DE LA BRETAGNE
Florus et de Sacrovir pouvait faire douter à l'empereur que la Gaule des druides fût vraiment morte', et cette Gaule, de temps immémorial, c'était à la Bretagne qu'elle demandait le renouveau périodique de sa foi-. Ce même Claude, qui allait combattre les guerriers et les prêtres de l'île ^ proscrivit rigoureusement chez les Belges et chez les Celtes les derniers vestiges des rites nationaux '\ Que Rome devînt souveraine partout oîi résonnait la langue celtique, et elle effacerait enfin de la terre tout ce qui avait porté le nom des vainqueurs de l'Alliai Le fils de Drusus connaissait bien l'histoire du mondée il avait des projets sur son avenir' : il a pu croire, en enlevant aux Gaulois leur refuge de la Bretagne, qu'il accomplissait la loi du destin de Rome.
Claude présida lui-même à la première expédition (43) . Ses généraux l'avaient habilement préparée, pour qu'elle fût rapide et triomphale, ainsi qu'il convenait à la marche d'un empereur. Il s'embarqua sur le Tibre même, ne descendit qu'à Marseille % traversa toute la Gaule', et partit de Boulogne pour sa conquête'". C'est la vieille route des marchands grecs, chercheurs d'étain", que suit le maître de l'univers avec son cortège de Romains : et sur cette route, maintenant large, aplanie, ouverte et brillante, le César n'aperçoit que des remparts de colonies