IX. —LA RÉVOLTE DE CIVILIS ET DES BATAVES
Durant ces pourparlers, la brèche que le Batave Givilis avait faite à la frontière', s'était singulièrement élargie, et il apparaissait sur le Rhin comme un nouveau maître, avec lequel devraient compter et les légats romains' et les défenseurs de la liberté gauloise. Car, lorsqu'il avait attaqué les légionnaires au nom de Vespasien, il ne cherchait qu'un prétexte pour dissimuler une insurrection de ses Bataves.
C'étaient, on l'a vu, les plus célèbres, les plus braves et les plus turbulents d'entre les auxiliaires germains de l'Empire ^ Civilis, qui commandait parmi eux, appartenait à la maison de leurs anciens rois^. De longue date, il songeait à les soulever contre Rome". Pour s'en débarrasser, Vitellius l'avait renvoyé en garnison sur les bords du Rhin". A peine arrivé, il s'échappa du camp ', gagna l'île des Bataves, réunit ses compatriotes dans un bois sacré ^ se fit acclamer comme chef, et tous, en secret, à la manière germanique, jurèrent la guerre au peuple romain".
Le mouvement se propagea vite dans ces terres de Hollande
2. L'armée romaine comprend alors, outre les auxiliaires : les légions V à Bonn, XV° et V (sans Taigle) à Vetera, XVP à Neuss, en Germanie Inférieure; IV et XXII" à Mayence en Germanie Supérieure (la XXP est partie presque entière, et toute la l'° Italica). 11 est certain que ce n'étaient que de très faibles détachements de l'armée primitive; mais les vides laissés en janvier G9 par le départ de Cécina et de Valens (p. 188, n. 1) avaient été en partie comblés par des levées faites per Gallias. Même remarque pour les auxiliaires. Toutes ces troupes ne formaient qu'une armée, sous les ordres du légat consulaire de Mayence, Hordéonius Flaccus. Tac, //., I, 61 ; II, 57; IV. 13, 18, 19, 24, 23. 35; ici, p. 203, n. 7-9.
i. Julius Civilis. Ftegia slirps, IV, 13; 1, 39. 11 paraît avoir été chef d'une cohorte (IV, 16).