XII. — L-EMPIRE GERMAIN DE CIVILIS
Tout autre était l'œuvre du Batave Givilis, franche d'aspect et nette d'allure. Lui. il n'agissait que pour le nom germanique. et c'est d'Arminius qu'il se réclamait-. L'Empire gaulois lui fut antipathique ou indifférente Toute son attention, en vue de l'avenir, se porta du côté des peuples de l'Ems et du Weser.
Il y avait chez les Bructères, la grande peuplade de l'Ems, une vierge-prêtresse, nommée Yelléda, à la fois reine et prophétesse dans sa nation \ Car les Germains, ainsi que les Bretons % ne répugnaient pas aux lois d'une femme °. Elle était devenue célèbre dans l'Allemagne entière, et sa gloire et son influence', comme autrefois les noms d'Arioviste et d'Arminius \ pouvaient rendre un peu d'union à la malheureuse Germanie. Civilis se tint en relation avec elle, lui offrit en A'ictimes quelques officiers romains, lui attribua le mérite de ses victoires, et ne fit rien sans la consulter ".
1. Cf. p. 2Ù0, n. 4. La monnaie GalUa fides étant de date fort incertaine, on ne peut en tirer aucune conclusion pour ces événements (p. ISl, n. 4).
3. Neque se ncquc quemquam Bataviim in verba Galliarum adeqit: IV, 6L
4. Eu virgo nalionis Bructerœ late imperitabat; IV, 61. Elle n'a di'i être reine, si elle l'a été de nom ou de fait, que dans une tribu de Bructères.
5. Tac, Ann., XIV. 35: Germ., 8; Dion, LXVII, 5, 3, p. 180, Boissevain.
6. Cf. Germ., 8; Hist., IV, Cl ; ici. p. 46i, n. 7, t. H, p. 410, n. 0.