XV. — LA PAIX AVEC LA GERMANIE
Cérialis ne répondit rien à cette sottise, et fit ses préparatifs de défense-. Car Civilis, Classicus et tous leurs alliés vinrent bientôt l'attaquer à Trêves même -.
Ce fut la plus grande bataille de la guerre^. Contre lui, le légat trouva des hommes de toutes les Germanies, des Ubiens de Cologne, pour la plupart citoyens romains, des Bataves. anciens auxiliaires de l'Empire, des Bructères de Velléda, des Tenctères, petits-fils de ceux qu'avait massacrés César. La Gaule n'était représentée, dans l'armée de Civilis, que par quelques Lingons et la troupe des Trévires '\ Elle eut cependant le beau rôle dans la journée : les Bataves, écrivit-on. se sont battus pour la gloire, les autres Germains pour le butin, les Gaulois seuls pour la liberté ^
Les Romains occupaient les deux rives de la Moselle, réunies
1. Si Cérialis iiniH-riuin Galliarum velit (IV, 73). Cela rappelle l'ollre d'Ariovisle à César (t. III, p. 234).
3. Tac, //., IV, 75-0. Il n'a encore avec lui que la .XXT. les débris de l'ancienne armée du Rhin supérieur (p. 213, n. 3 et 2), et les légions repenties; IV, 76-78.
4. Dion Cassius (LXVI, 3, 3) pense sans doute à cette bataille, lors(iu'il parle d'une rivière obstruée par les cadavres.
(5. Gallos pro libcrtate, IV, 78.
par un pont; la ville était sur la rive droite, le camp, sur la rive gauche'. C'est de ce dernier côté qu'arrivèrent les ennemis-, avec une telle impétuosité, qu'ils forcèrent le camp et faillirent enlever le pont. Mais ils perdirent leur temps à se quereller pour le pillage, et le gros de l'armée romaine, bien conduit par Cérialis, put rétablir les affaires et chasser très loin l'ennemi''.
La grande guerre était finie. Les Ubiens se soumirent avec joie*, et Cérialis entra dans Cologne '. On reprit la ligne de la Sambre"; on descendit le Rhin jusqu'à l'île des Bataves, berceau de la révolte. Civilis essava d'arrêter son ennemi : il fut vaincu dans une dernière bataille'.
Alors, ce furent chez lui d'audacieux efforts pour ne pas être investi ^ Il chercha des secours dans les plus lointaines tribus
1. Sur la rive gauche et l'emplacement du faubourg actuel? (IV, 77). De même. Peter, Rœm. Gescinchte, 111, II. p. 59. — On a supposé le camp sur la rive droite, adossé à Trêves même (Asbach, Westd. Z., XVI, 1897, p. 193-9).
2. Venant de Cologne par trois côtés : 1° par les collines (Mariensaule?); 2° par la route (Rœmerstrasse?; cf., pour le tracé, von Veith, Bonner Jalirb., LXXVIII, 1884, p. 11-12); .3" par les terres basses entre la route et la rivière. IV, 77.
3. IV, 77-78. Cérialis part de Trêves, marche au pont, le dégage, l'occupe solidement, et, la rivière traversée, arrive au camp romain (n. 1}, où sont déjà les ennemis. Ceux-ci sont alors attaqués à la fois par le pont et par les hauteurs d'amont, siunmis jugis, patentiore spatio, où la XXP s'est reformée (Markusberg?). — Ils s'échappent pour se réfugier dans leur camp, qui est pris le jour même. — Civilis se dirige alors vers Tolbiacum (Zulpich. chez les Ubiens), où se trouvait sa réserve (IV. 79).
4. Après avoir massacré la reserve de Civilis (n. 3); IV. 79. — Celui-ci, alors, de Zulpich. se retire à Neuss (IV. 79), puis à Vetera i\ . 14).