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donné aux besoins de FEtiipire ou aux caprices de l'empereur'. Parmi les soldats qui servent aux frontières, on trouvera côte à côte des légionnaires ou des auxiliaires venus de toutes les nations, autonomes ou sujettes'. Que des méfaits ou des troubles se produisent dans une cité libre, désordres de rue ou de finances,' le prince lui envoie aussitôt une sorte de podestat, le « correcteur » ^ \
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Cette frêle indépendance cédait à la moindre pression du l dehors, et, aussi, au moindre égoïsme du dedans : je veux dire par là que les citoyens des peuples libres n'hésitaient point à sacrifier leurs prérogatives nationales aux séductions de la chose romaine". Autun et Reims, en droit les villes les plus privilégiées de la Gaule, sont celles où s'impose le plus la culture latine^ Là aussi, dès le premier siècle, on ne rencontre aucun chef qui ne soit citoyen romain. Leur titre de cité libre n'empêche pas les Éduens d'abandonner Bibracte et de donner à leur nouvelle capitale le nom de l'empereur Auguste '\ Ce titre, et tous les titres de ce genre, ne sont que les épithètes différentes d'une même soumission.
Inversement, les nations soumises ou tributaires participaient à une certaine forme de l'autonomie. Chez elles, on l'a vu, l'Etat romain n'était pas allé jusqu'au bout de son droit de conquête : moyennant le tribut, il avait concédé à leurs citoyens la liberté du corps et la jouissance des terres; elles conservaient leurs
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magistrats, leurs lois et leurs coutumes '. Leur condition ne fut jamais celle de l'esclavage politique, et on ne trouverait rien, au delà des Alpes, de semblable à cette misérable Capoue, oîi il n'}' avait ni corps de cité ni droit de propriété, où tout était à la merci d'un préfet venu de Rome-. Les peuples les plus maltraités de la Gaule n'en continuaient pas moins de vivre, gardant et prolongeant sous leurs nouveaux maîtres une personnalité morale grandie dans les siècles de l'indépendance'. Rome la respectait. Tout en appelant ces peuples des « tributaires », elle les considérait en droit, eux aussi, comme des « alliés » \ Les soldats qu'elle levait chez eux servaient à titre d' « auxiliaires » '\ C'était sous la formule gracieuse de l'alliance que se dissimulait la réalité de l'obéissance. Et cette formule s'appliquait indifféremment aux cités fédérées et aux cités soumises. — Celles-là, en perdant leurs privilèges, celles-ci, en conservant leurs droits, toutes finissaient donc par se ressembler de très près. L'Empire apparaissait comme une immense fédération de nations également dépendantes, groupées autour d'une ville absolument maîtresse. Et nous n'apercevons plus, à la fin de cette analyse, s'opposant les uns aux autres, que les membres de la cité romaine et ceux des cités sujettes.