‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 371 sur 792 · DC DROIT D'ENTENTE ENTRE LES HOMMES · texte numérisé non relu

DC DROIT D'ENTENTE ENTRE LES HOMMES

certain, et le contraire nous étonnerait. Mais elle fut toujours moins forte que le fait' : et le fait, que nous montrent d'innombrables inscriptions, a été un irrésistible mouvement entraînant les uns vers les autres tous les habitants de l'Empire.

C'est aussi pour cela que les empereurs ont toujours fait preuve de tolérance en matière d'association : depuis Auguste jusqu'à Alexandre Sévère, durant deux siècles et demi, la marche des lois a été continue dans le sens de la liberté. Une fois prises les garanties nécessaires à la bonne police de l'État, les princes laissaient volontiers aller les choses et se grouper les hommes-.

Malgré la présence d'un despote, les droits et les libertés de l'homme s'affirmaient chaque jour davantage. L'existence d'un vaste empire annulait, en fait et dans les lois, les défenses que les religions municipales avaient mises autrefois entre les groupes humains. Un empereur ou ses conseillers étaient tenus de subordonner l'idée de cité à celle d'empire. Délivrés des entraves politiques, les habitants s'écrivaient, se visitaient, se connaissaient et s'accordaient d'un bout à l'autre de la terre. Philosophes, rhéteurs et poètes propageaient le culte de la fraternité, le rêve d'une cité divine ^ Si les Romains voulaient que leur empire se confondît avec le genre humain, il fallait qu'ils reconnussent les lois primordiales de ce genre humain, et qu'ils fissent prévaloir, contre les diversités d'origine et les scrupules de la tradition, le droit naturel des hommes à s'entendre et à s'unir. Nul empereur n'a manqué à cette tâche *.

1. Voyez ce que disent des colons romains les Germains de Cologne : Deductis oliin et nobiscuin per connubUua socialis; Tac, H., IV, 65. Il peut s'agir, il est vrai, d'Ubiens assimilés, lors de la fondation, aux colons romains (cf. p. 253).

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